Si le métier de traducteur est ingrat, celui du lettreur l’est peut être encore plus. Il est même presque pire, car, qui pense au lettrage en lisant son comic-book ? Généralement, notre sensibilité sur le sujet est surtout due à notre éventuelle difficulté avec la lecture des bulles (comme dans la mini-série Drax The Destroyer par exemple, où la police choisie pour les dialogues de Drax n’était pas des plus lisibles) pour qu’on commence à se poser des questions sur le sujet.
Et pourtant, ce travail se révèle bien plus technique, notamment dans l’adaptation de bandes dessinées indépendantes, qu’un simple remplissage de phylactères avec des associations de lettres. Il faut à la fois respecter l’œuvre originale, mais aussi le travail des traducteurs, tout en gardant une certaine uniformité au fil des pages. Il ne s’agit pas seulement de rétrécir exceptionnellement le texte pour que cela rentre dans la bulle. Par ailleurs, quand les auteurs d’une bande dessinée américaine décident d’intégrer des informations au beau milieu des dessins, la retouche s’avère bien plus sensible qu’un bête effacement de texte dans une bulle. Et je ne vous parle pas des originaux lettrés à la main.
France-comics a donc souhaité en savoir un peu plus sur ce métier et son arrière-boutique. Vous verrez qu’on ne s‘improvise pas lettreur comme cela et qu’outre certaines aptitudes naturelles, des connaissances techniques sont vraiment nécessaires. Vous découvrirez qu’à l’instar de la traduction, le lettrage est aussi un travail d’équipe, même s’ils passent la majeure partie de leur temps derrière un ordinateur.
Par ailleurs, je tenais à remercier une nouvelle fois, pour leur enthousiasme et leur disponibilité, ceux qui ont participé à ce dossier : Eric Brocherie, Cédric Vincent, Eric Bufkens, Edmond Tourriol, Vincent Bernière, Thierry Mornet mais également Sylvain Delzant et Jean-Marc Lainé pour leur apport technique via leur Manuel de la BD sur le lettrage.