Les 5 épisodes de "Glace" présentés ici sont scénarisés par Chuck Austen et dessinés par Jae Lee. C’est déjà une preuve de l’effort que fait Marvel pour son plus grand symbole. Sauf que le symbole en prend plein les dents. ! Austen avait déjà réussi l’exploit d’éviter les poncifs bien-pensants dans The Call, et ici il se surpasse.
Cap’ doute : il vient de recevoir des vieilles bandes vidéos de la seconde guerre mondiale montrant son propre gouvernement l’emprisonner dans la glace. Dans le même temps, ressurgit un étrange personnage lié aux vidéos et décidé à capturer Captain America pour des raisons très obscures. Cap’ étant à la recherche de réponses, cela tombe plutôt bien ...
Le concept de base de cette histoire est tout sauf original, puisque ce sont des questions que tout lecteur s’est posé des centaines de fois à propos de ce personnage, et qui se résument à peu près par "comment Cap’ peut-il être naïf à ce point et continuer à assimiler son pays à son idéal de justice ?"
Ses convictions ont déjà été ébranlées par le passé, mais jamais au point de le changer ; ça va peut-être enfin être le cas (même si seule la suite nous le dira) ! Enfin, Cap’ se rend compte du gouffre entre ses idées et le pays qu’il défend. Enfin, il comprend que défendre les USA, ce n’est pas défendre la justice et le droit. Autant dire que cet arc est extrémement jouissif sur ce point.
Sauf que l’histoire en elle-même est difficile à suivre. Son organisation est trop torturée (des aller-retour entre présent et passé pas très bien amenés), certaines questions restent sans explication, les réponses données sont peu crédibles (à commencer par les motivations du "vilain" de service). Je ne saurais pas dire en revanche si cela vient du script d’Austen ou de la mise en scène de Jae Lee.
Car autant ce dernier fait un très beau travail sur les corps, les mettant en valeur de manière inimitable, autant il esquive au maximum les décors ; autant de repères visuels en moins pour le lecteur ? Son travail reste aussi très (trop ?) proche de Fantastic Four 1234 ou de Sentry.
Ce Captain America n’est donc pas complètement mauvais ; en venant enfin questionner durablement le symbole, il est même incontournable pour les Marvelophiles. Et si quelques points noirs l’empêchent hélas d’être vraiment mémorable, il est à la fois intéressant en lui-même tout en donnant de bons espoirs pour la suite.