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Daredevil #01-02 : Sous l’aile du Diable


mercredi 18 août 2004
L'avis de Hush


100% Marvel

(JPEG) Remémorez-vous 1998. Vous y êtes ? Artistiquement, cette année représente une période charnière dans la politique éditoriale de la Maison des Idées. Disposant de héros en demi-teinte, un renouvellement s’imposait. C’est alors que Joe Quesada (actuel rédacteur en chef de Marvel, artiste de « Daredevil : Father ») et Jimmy Palmiotti (« Hawkman ») interviennent et décident de lancer une nouvelle collection : Marvel Knights. Le premier Héros concerné est l’Homme sans peur : Daredevil.

« Daredevil est le Spider-Man du pauvre en quelque sorte », déclarait John Romita Jr., « mais demeure l’un des plus beaux personnages : riche, physiquement et intérieurement torturé. » a-t-il conclu. Entassé dans les soubassements des ventes (au-delà de la centième place, il me semble), l’équipe créative prend le risque de dépoussiérer le diable rouge, rendu légendaire par Frank Miller. Kevin Smith au script, Joe Quesada aux dessins et Jimmy Palmiotti à l’encrage se lancent dans la saga « Sous l’aile du Diable », afin de redorer le blason rouge du justicier de Hell’s Kitchen. Introspection scénaristique et artistique.

Commençons par le scénario. Cet arc commence presque de manière anodine pour notre beau costumé (un petit sauvetage, rien de plus), mais tend à dérailler irrémédiablement. En effet, Matt Murdock alias Daredevil apparaît dans une situation pour le moins troublante. Il doit prendre soin d’un bébé qui s’avère être l’antéchrist selon certaines sources. A cela, différents éléments de son passé refont surface ... Il devient évident que l’Homme sans peur n’est qu’un pantin. Le sait-il ? Par qui ? Pourquoi ?
Le scénario du déjanté réalisateur de Dogma demeure une perle du genre. S’appuyant habilement sur la vie, les amis, le passé et les tortures sentimentales de Matt Murdock, saupoudrés d’une dose de mysticisme et d’éléments du « Marvel-verse », Kevin Smith élabore une trame complète et totale. Jugez plutôt : le retour de Karen Page, l’accusation pour meurtre de Foggy Nelson, Bullseye ... en un mot : diabolique.

(JPEG) Facilement comparable à « Hush/Silence » de Jeph Loeb avec cette manipulation schizophrénique, nous nous rendons compte à quel point le script de K. Smith est infiniment supérieur à celui de son homologue « DCiste ». Chaque usage de personnage est cohérent et sert utilement l’intrigue. Un premier régal ... conclu par un final époustouflant, tant au niveau des révélations que du dénouement.
Enfin, cette réussite scénaristique se concrétise par les dialogues entre protagonistes toujours dans le ton et remarquablement bien écrits, sans oublier de souligner la qualité des monologues intérieurs de l’Homme sans peur. En clair, Smith maîtrise son sujet, du début à la fin, sans arrêt. Mieux, il excelle.
Pour l’anecdote, sachez que Daredevil reste l’un des personnages favoris de Kevin Smith. Fan de l’Homme sans peur période Frank Miller (mais qui ne l’est pas ?) depuis toujours, il accepte l’écriture de l’arc. Le père de Jay et Silent Bob connaît ainsi les diverses contradictions qui forment le célèbre aveugle de Hell’s Kitchen. Ainsi pour l’écriture de son script, c’est à travers son éducation, sa Foi, ses amis, ses ennemis, son passé amoureux, et même sa mère, qu’il va puiser son inspiration afin de créer les armes qui tortureront Matt Murdock au plus profond de lui-même, jusqu’au drame, tout au long de ces huit chapitres.

Avec ce scénario de première qualité, nous serions tentés de nous questionner sur la valeur visuelle du comic ? Est-ce de moins bonne facture ?

Réalisé par Joe Quesada et Jimmy Palmiotti, le dessin n’est pas en reste et s’élève au même niveau que l’intrigue. Impressionnant dans le découpage et la narration, le duo artistique se sent inspiré par le scénario, le personnage et son univers. Il n’y a aucun doute. Dénué de temps de latence dans le déroulement de l’arc, le rythme s’avère parfait et judicieux. Un second régal.

Pour conclure, l’arc « Sous l’aile du Diable » reste à mon goût l’un des tout meilleurs scénarii jamais écrits et retranscrits pour notre médium. Par ailleurs, il s’avère être un travail artistique d’équipe de très grande qualité. L’inspiration coordonnée des artistes pour le personnage demeure palpable tout au long du récit, et lorsque l’on apprend que nos deux artistes, Smith et Quesada, réfléchissent actuellement sur la destinée d’une autre personnage estampillé Marvel, on en salive d’avance ...

Cet illustré constitue un chef d’œuvre, que tout fan de BD américaine se doit de posséder, au détriment de passer à côté d’un très très grand moment. Bien que différent de ses successeurs, ce « run » a néanmoins réussi à relancer ce personnage dit « classique » et de le placer sur orbite pour le succès que nous lui connaissons aujourd’hui avec Jeph Loeb sur « Daredevil : Jaune » et Brian M. Bendis. Un classique.

Avis : Incontournable un point c’est tout.

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