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X-Men Extra #45


jeudi 30 septembre 2004
L'avis de Stefff56


Marvel France

(JPEG) Je ne vous cacherais pas que c’est avec un gros à-priori que j’ai entamé la lecture de ce numéro consacré à la série US Emma Frost ! N’étant pas fan de Greg Horn, son dessin de couverture m’a plus débecté qu’autre chose, me poussant même à penser que Marvel flattait les hormones de son lectorat masculin. De prime abord, Emma Frost, la série, promettait d’être démagogique au possible avec une bimbo blonde à forte poitrine comme anti-héroïne.

Et pourtant...
A la fin de ma lecture, je dois bien avouer que j’ai passé un bon moment et surtout que j’ai été assez surpris du parti-pris de Karl Bollers, le scénariste. Ce dernier prend en réalité tous ses lecteurs à contre-pied en refusant de nous pondre des histoires de bad girls surpoumonnées flinguant des mecs avec de gros calibres. Non, non, Bollers nous a concocté une intrigue bien plus savoureuse...

Nous découvrons ainsi Emma toute jeune, dans un lycée pour jeunes filles américaines. Emma est timide et effacée, ce qui lui vaut d’être la tête de turc de Matilda, première de la classe. Le père d’Emma étant richissime, cela n’arrange en rien ses relations avec les autres élèves. Sa famille ne peut même pas lui être d’un réel secours puisque son père est terriblement strict et ne jure que par l’argent et la compétition, principe de vie parfaitement suivi par une des sœurs d’Emma, alors que l’autre se rebelle contre l’autorité parentale. Reste son frère, qui veille sur elle du mieux qu’il peut...
C’est dans ce contexte difficile qu’Emma va progressivement se découvrir un don étrange : la possibilité de lire dans l’esprit des personnes qui l’entourent. Elle ne le sait pas encore, mais elle est l’une des mutantes télépathes les plus puissantes au monde ! La tentation est donc grande pour elle d’utiliser ses talents pour arranger son quotidien. Mais jusqu’où est-elle prête à aller ?

Emma Frost fut par le passé l’une des plus farouches adversaires des X-Men au sein du Club des Damnés sous le nom de « Reine Blanche ». Puis elle basculera peu à peu dans le camps des bons, sans perdre sa froideur légendaire. Maintenant elle est elle-même membre des X-Men et joue un rôle important au sein des Astonishing X-Men (à lire en France bientôt). Alors suivre les aventures d’une Emma timide et peu sûre d’elle est assez croustillant en soi. On découvre aussi qu’elle était une jeune fille comme tant d’autres, gentille et serviable mais avec des soucis familiaux et relationnels. C’est là un des gros points forts du scénario : on guette les événements qui, on le sait, vont pousser Emma sur une pente glissante. Bollers parsème son histoire d’allusions sur son destin (sa volonté de devenir enseignante, le modèle de directrice qu’elle a pu avoir, ses soeurs...). La voir vaciller peu à peu est réjouissant : sur la fin, la jeune fille si douce et gentille de l’épisode #1 finit par faire chanter son propre père. Ca promet pour la suite !

Karl Bollers enrobe tout ceci dans une ambiance universitaire classique, peut-être un peu trop même : le gentil professeur qui veut aider Emma, la « méchante » élève qui lui veut du mal, le père sévère et sans cœur... Dommage que les personnages secondaires n’aient pas été plus développés et moins stéréotypés.

L’ensemble m’a beaucoup fait penser au film Carrie au bal du Diable de Brian de Palma (la scène du bal de fin d’année y ferait-elle référence ?). Finalement, les 2 histoires se ressemblent beaucoup... Et la narration en voix off permet de bien cerner le pouvoir de télépathie d’Emma.

Pour terminer un mot sur les dessins de Randy Green. Personnellement, j’aime assez ce dessinateur. Son Emma a un faux-air de Sarah Pezzini, l’héroïne de Witchblade, série que Green a dessinée il y a peu... Rien de bien extraordinaire, je vous l’accorde mais pas une bimbo à l’horizon, et ça déjà c’est plus curieux...

Derrière cette couverture démago et mensongère (oui, j’insiste, mais que voulez-vous, je supporte pas sur cette couverture les deux melons pendouillants sur la poitrine d’Emma Frost, je trouve ça grossier ! ), Emma Frost est une lecture convenable et agréable. Reste qu’à 5.20 euros, c’est un plaisir un poil cher : mais si vous en avez les moyens, ne vous privez pas.

A lire également : Les chroniques de la VO
-  Emma Frost #1-2
-  Emma Frost #3
-  Emma Frost #4

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