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Aspen Comics #01


lundi 2 mai 2005
L'avis de Hush


Delcourt Comics

Alors que le marché kiosque semble moribond, un nouvel éditeur tente l’expérience avec le très détesté Michael Turner.

(JPEG) Aspen Matthews n’est pas une fille comme les autres. Elle se sent comme un poisson de l’eau ! Plus sérieusement, cette élégante jeune femme tire ses origines d’un peuple étrange et sous-marin, qui avait un sombre dessein en tête. Si Aspen se révèle adorable, de l’autre côté de la nuit et de l’océan, un mystérieux personnage dévoile d’inquiétantes motivations ... Je sens qu’il y a baleine sous gravillon.

Je ne vais pas aller plus loin dans l’histoire pour deux raisons. D’une part, Shenron a réalisé d’exhaustifs dossiers qui répondront à vos attentes sur l’univers de Fathom, en trois parties :

-  La première partie : Fathom #0-9 ;
-  La seconde partie : Fathom #10-14 ; et
-  La troisième et dernière partie sur Killian, le méchant

La seconde raison de cette "esquive" reste la faiblesse relative de celle-ci à la lecture de cet AspCo#1. Pour ces trois premiers épisodes du relauch de Fathom, Michael Turner, son créateur, a demandé au non moins sérieux Geoff Johns d’assurer la transition. Au contraire de ses productions actuelles chez DC, telles que The Flash ou l’excellente JSA, l’ancien auteur des Avengers joue dans la sobriété. Certes, le sieur amorce une intrigue qui planait depuis un bout de temps, mais son potentiel est ici sous-exploité.

Quoiqu’il en soit, l’histoire se lit relativement vite et, Geoff Johns oblige, nous avons droit à un épilogue (il adore conclure sur ce genre de petites scènettes).

Pour le néophyte, rattraper le retard semble plausible (avec un certain élan d’optimisme) car le récit ne demande pas de grandes connaissances même si cela fait longtemps que Fathom n’est pas paru. Si vous êtes intéressés par le sujet, vous pourrez retrouver les premières aventures dans les Semic Comics dédiés au personnage ou opter pour le très beau coffret Edition USA. Pour conclure sur le script, il s’avère trop "lisse" (comprenez sans rebondissement) et peut-être trop inscrit dans l’efficacité d’un récit de relauch. Un épisode de transition en somme ...

(JPEG) Mais l’attraction n’est pas ici, ni là et encore moins là-bas ! Si le scénariste reste presque aphone, c’est pour laisser la vedette à un Michael Turner des grands soirs (avec les quelques petites nuances habituelles tout de même). Abrégeons la sempiternelle polémique sur « les goûts et les couleurs ». En effet, M. Turner reste ce genre d’artistes que l’on aime beaucoup ou que l’on déteste (toutes proportions gardées j’espère). Le point n’a guère besoin d’être développé, tant de choses ont été dites et écrites, justifiées ou non.

Il n’empêche que ce mec a un effet fou sur les nanas. Je vais vous faire part d’une petite anecdote des plus lilloises. Avec une amie, fan de comics tendance Steampunk, je fixe le AspCo#1 et je lui montre. Pas besoin de nommer l’artiste, elle connaît et acquiesce en me montrant les doubles pages, tout simplement magnifiques. Elle achète et nous discutons des dessins. Elle adore. Je lui demande ce qu’elle aime chez lui. Réponse instinctive et automatique : les femmes. Ce n’est pas pour rien que DC a chargé Michael Turner de créer la Supergirl from Krypton, écrite par le père Loeb.

Toutefois, on lui reprochera, de manière pertinente et judicieuse, que "ses visages se ressemblent tous". Mais, c’est occulter le travail titanesque d’un des meilleurs coloristes au monde : Peter Steigerwald. Car esthétiquement, c’est beau, coloré à outrance et éclatant. Le dépaysement est complet et les personnages deviennent graphiquement caractérisés. Sacrée performance, qui plus est sur l’un des traits les plus fins du comic-book.

Autant j’adore Mick Turner, autant je suis très critique sur son story-telling, qui manque de punch. Il évite d’inscrire ces petits traits de mouvements ou ces petites choses qui rendent un récit graphique plus réel et proche du lecteur. De petites choses absentes pour ne pas gâcher le dessin ... dommage, mais ce sont ces "petits" riens qui m’agacent. Sinon ça tue.

En conclusion, ce premier Apsen Comics est destiné à deux types de lecteurs : les fans absolus de M. Turner et P. Steiwergald et ceux qui, tout en acceptant les « défauts » de l’artiste, voudront se dépayser visuellement.
Si vous êtes de ceux-là et que vous n’êtes pas très exigeant niveau scénar’ (n’oublions pas que c’est un épisode quasi introductif), courez l’acheter et faites-vous une idée. Notons, par ailleurs, qu’une interview (de 2003 tout de même) de l’intéressé et un sketch book des plus sympathiques sont incrustés dans le comic. Pour les répulsifs, ils pourront attendre le prochain numéro pour apprécier Soulfire avec Jeph Loeb au script et bien d’autres séries pour l’avenir. Prometteur.

Avis : A essayer.

PS : Notez que, matériellement, le comic-book Delcourt est un poil plus petit et se révèle de très bonne qualité. Bravo.

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