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mercredi 29 juin 2005
par Ishar

Sin City (2005)


Frank Miller et le cinéma, c’est un longue histoire mais pas vraiment d’amour. Du refus de ses scripts pour Robocop aux tentatives avortées de porter Batman Year One sur grand écran (et ce, bien avant Batman Begins), on n’espérait pas le mythique auteur américain s’impliquer de si tôt dans un projet cinématographique.

(JPEG) Au vu du résultat, on comprend pourtant facilement ce qui a motivé Frank Miller a revenir au septième art. Le scénario (la compilation de 3 épisodes de Sin City en fait) est porté par Rodriguez avec les tripes. Le côté anarchique du réalisateur mexicain était déjà bien visible sur Une Nuit en Enfer et s’avère en parfaite adéquation avec l’oeuvre de Miller, renforçant son côté dérangeant voire malsain. Le tout habité par un casting divin et divinement maîtrisé où même les plus fortes gueules (Mickey Rourke et Clive Owen en tête) sont restées modestes.

Il faut dire que Rodriguez agit en véritable artisan du cinéma. Il est non seulement crédité comme réalisateur et scénariste, mais aussi caméraman, directeur des effets spéciaux et même compositeur de la BO ! Mais Miller, tout autant investi, n’est pas en reste. En plus de laisser son nom dans le titre du film (le titre complet est Frank Miller’s Sin City) et comme co-scénariste, il est aussi crédité comme co-réalisateur, rien de moins.

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Cette symbiose, plutôt inédite, n’est pas qu’apparence. Dès le début de sa carrière Frank Miller marque sa production d’un style très cinématographique qui le rend célèbre. Et si le film de Rodriguez reprend en toute logique et sans difficulté le rythme de la BD, il s’approprie aussi son style graphique (le noir et blanc intégral taché de couleurs), et un scénario qui, en évitant de se faire défigurer par la censure, est une copie quasi-conforme de l’original.

Il serait du coup légitime de se demander ce qu’apporte ce film. A la manière d’American Splendor, notre paire d’auteurs réécrit en fait tout simplement la définition d’une adaptation. L’objectif n’est en effet pas (en tout cas pas seulement) d’utiliser la BD pour construire un film-univers, mais bel et bien de se faire rejoindre sur le plan artistique les deux média.

(JPEG)

L’absence de scénario original, pourtant l’aboutissement logique de cette démarche, en est d’autant plus frappante. Il aurait permis à ce film d’être une pierre de l’édifice, parfaitement intégrée à l’ensemble malgré la différence de support. C’est finalement bien le seul reproche que l’on peut faire à un Sin City impressionnant sur tous les autres points.


L’avis du Sgt Pépère :

Je voudrais revenir sur le cas particulier de l’adaptation d’un comic-book en film. Si dans le cas de certains films les ultra-fanatiques pourront toujours reprocher des points de scénarios à des films tels que Batman Begins ou encore Spider-Man 2 (mais pourquoi diable, Peter enlève t-il son masque ?), ce reproche ne peut être fait à Sin City qui décalque la bande dessinée de Frank Miller. Pourrait-on y voir un effacement de la personnalité de Rodriguez (qui se contenterait de l’aspect technique de la chose) et le crédit de Miller à la réalisation pour le découpage, le storyboard et l’aspect artistique du film ? Certaines mauvaises langues opineront du chef. Personnellement, sans m’être renseigné sur la génèse de ce film, j’espère que non et que les deux hommes se sont partagés équitablement les responsabilités.

A la vision de Sin City (dans des conditions loin d’être optimales je l’avoue), j’ai tout de même eu un avis mitigé.
Graphiquement, le film est parfait. On est dans une bande dessinée, des voitures réalistes font des bonds prodigieux et semblent sortir de leur case, Marv chute de plusieurs étages et se récupère comme dans un Spider-Man, et l’agencement des couleurs (ah, le Yellow Bastard) / noir & blanc est résolument maîtrisé.
Les acteurs sont aussi réellement inspirés et incarnent leur personnage magnifiquement (bravo à Elijah Wood qui réussit à se démarquer du sympathique Frodon).

Dans la mise en scène, certains points pourront gêner le spectateur. Certaines longueurs par exemple qui contribuent, j’en suis bien conscient, à l’ambiance du film ou encore la présence d’introduction et de conclusion qui n’apportent pas grand chose en comparaison des trois chapitres principaux.

C’est finalement dans le scénario du film que le bât blesse mais c’était tout de même plus ou moins le cas dans la bande dessinée qui privilégiait une ambiance à une histoire trippante.

Le film suit les mêmes sentiers et peut être taxé des mêmes reproches. Ce qui fait qu’un Sin City 2 déjà prévu - vu le succès du premier - a vraiment intérêt à se doter d’une histoire intéressante. Le cadre de Sin City est posé, il ne reste plus qu’à le doter de grands moments. (Une série télé anthologique pourrait être bien sympathique, d’ailleurs).

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