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Starman TPB #9 : Grand Guignol


samedi 27 août 2005
L'avis de Corbulon


DC Comics

Ce TPB reprend les numéros 61 à 73 de la série régulière.

(JPEG) Ayant décidé de parler du neuvième recueil de Starman, je me dois de faire une brève présentation de ce titre. Cette série est avant tout l’histoire de Jack Knight, le fils cadet de Ted Knight, premier Starman du nom et d’Opal City, sa ville natale. Il faut savoir que Jack n’était vraiment pas chaud à l’idée reprendre le flambeau familial, malheureusement la mort de son frère aîné qui était le successeur désigné le contraindra à endosser le rôle et à partager sa vie entre faire le justicer et son métier d’antiquaire. Il posera toutefois certaines conditions, comme celle de ne pas porter un costume mais juste une étoile de Shériff.

Mais Starman n’est pas seulement Jack Knight et James Robinson, le scénariste, s’intéresse à tous les porteurs du costume par le biais des Time Past : pour une fois, la continuité est enfin mise au service de l’histoire, et pas l’inverse comme cela arrive souvent.
Les Time Past se déroulent dans le passé et donnent un éclairage différent sur certains protagonistes de la série, tout en étant aussi des vibrants hommages aux Romance, Detective et autres Western Stories. Tout ceci donne naissance à un univers riche en personnalités attachantes. Je citerai pour une bonne compréhension de l’intrigue qui va nous occuper, The Shade, immortel dandy, ex-vilain qui voue un amour immense pour Opal City, ou encore la famille 0’Dare, famille de flics qui fait régner la loi et l’ordre sur la cité depuis des décennies.

Jack Knight vient de revenir à Opal City après un très long voyage dans l’espace qui l’a vu vivre des aventures extraordinaires, avec parfois des rencontres assez troublantes. Alors qu’il n’a qu’une seule envie, retrouver sa fiancée Sadie après une si longue séparation, il tombe sur Ralph Dibny (l’Elongated Man vu récemment dans JLA Classified ou dans Formerly Known As The Justice League) qui lui explique que des personnalités marquantes de la cité n’ont plus donné de nouvelles depuis quelques jours et que les indices semblent indiquer que ce soit The Shade qui est derrière tout cela.
De plus, Elongated Man l’informe qu’il a constaté que l’activitée criminelle tourne au ralenti ces derniers temps, ce qui peut laisser penser qu’un sale coup se prépare. C’est donc un Jack Knight préoccupé qui se rend dans sa brocante pour retrouver sa bien-aimée. Or elle aussi semble avoir disparu.
Dans le même temps, d’autres héros doivent lutter contre des ombres malfaisantes, ce qui laisserait à penser que The Shade a bel et bien tourné sa veste. Et soudain des bombes éclatent dans toute la cité, l’endommageant gravement. C’est le début d’une aventure qui va changer radicalement la donne à Opal City.

La série Starman revient donc à son meilleur niveau après avoir perdu un peu de sa superbe entre les numéros 35 et 60, même si la saga dans l’espace avait déjà redonné un certain lustre au titre. Mais c’est vraiment lorsqu’il fait évoluer son héros à Opal City et qu’il utilise le Shade comme protagoniste, que James Robinson (Golden Age, WildC.A.T.S. Vol.1, Leave it to Chance, JSA) est le plus inspiré.
C’est le cas ici : tous les subplots laissés en plan trouvent leur résolution (enfin presque tous, le dernier sera résolu dans le TPB suivant), et surtout viennent se greffer sur l’intrigue principale donnant un sentiment de cohérence époustouflant.

Le ton est effectivement très Grand-Guignol, les moments de gaieté et d’épouvante s’alternent parfaitement, ceux de surprise ne manquent pas pour donner un final vraiment grandiose avec quelques morts importantes, parfois inattendues (et qui ne reviendront pas, soyez rassurés, on n’est pas sur une grosse franchise DC ou Marvel ici), et Robinson contrairement à un Meltzer ou à un Johns arrive parfaitement à garder un équilibre entre héroisme/humanisme et ambiance dark.
La gestion des nombreux personnages justifie pleinement ce très long story-arc. Contrairement à d’autres récits bien vides dilués en 12 épisodes, Grand Guignol est dense avec des personnages parfaitement bien caractérisés, dans des petites séquences de deux-trois planches qui reviennent à fréquence régulière et qui donnent suffisamment d’informations au lecteur pour qu’il ne sente pas perdu.

Enfin il y a le dessin très expressif et maîtrisé de Peter Snejberg (Light Brigade - Sur la terre comme au ciel en VF, Detective #27, Les maîtres du désordre, Witchcraft) qui renforce la cohésion que l’on ressent à la lecture, ce d’autant plus qu’il assure la partie graphique de quasiment tous les épisodes à part une dizaine de pages dessinées par un certain Paul Smith (Leave It To Chance). Vraiment l’artiste scandinave livre de fort belles planches que ce soit dans des scènes intimistes, d’action ou d’épouvante, dommage qu’il soit autant sous-estimé, alors qu’il est tout à fait capable d’être très régulier.

Rarement le concept d’héroisme aura été aussi bien traité et avec autant de justesse que dans cette série. Cela fait du bien de voir évoluer un superhéros humain qui a certes des forces et des faiblesses mais qui évite quand même de sombrer dans la névrose, le pessimisme ou la paranoïa. D’autres scénaristes, bien plus côtés que Robinson et moins talentueux, feraient bien de s’en inspirer.

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