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Concrete #2


vendredi 21 octobre 2005
L'avis de Soyouz


Semic book

Après nous avoir publié les origines de Concrete, Semic nous présente Fragile Creature, un titre plein de sens.

(JPEG) Maintenant que Ronald Lithgow est devenu une sorte de créature élementale, il a décidé d’installer des équipements fournissant de l’énergie renouvelable pour sa maison. Seulement, tout cela a un coût et les droits d’auteur de ses bouquins ne suffisent plus (pas facile la vie d’artiste). Et c’est dans ce moment de doute qu’il est contacté par une ancienne connaissance travaillant dans le cinéma : les capacités uniques de Concrete pourraient permettre de diminuer les frais des effets spéciaux du film.

Bien loin de tout aspect fantastique, Paul Chadwick nous raconte là une histoire. Celle d’un être qui cherche à s’intégrer dans le monde qui l’entoure. On a l’impression que le côté « homme de pierre » n’est réellement qu’un prétexte, car le parallèle avec les personnes handicapées est très visible. Les détails ne manquent pas : matériel adapté à son « handicap », une personne, qui est aussi son nègre, l’aide à plein temps pour toutes sortes de choses ... Si Concrete est une force de la nature, c’est aussi un homme qui a un besoin de reconnaissance et cette carapace, cette apparence, cette force qu’il contrôle mal le rend mal à l’aise en public et il est très sensible (fragile !) aux regards des autres. Et on partage les inquiétudes du protagoniste puisqu’on n’a quasiment aucune idée de ce que pensent réellement les autres personnages.

L’intrigue en elle-même est sur fond de tournage de film, avec les problèmes de financement ou relationnels, les magouilles en tout genre, le tout sans ennui. Et c’est aussi très intéressant, car on a beaucoup de descriptions et d’explications sur la façon dont tout cela déroule, à moins que se soit fictif et inventé (j’en connais pas plus que vous sur ce milieu). Mais l’auteur est plutôt acide et critique, à croire qu’il a des comptes à régler avec cette communauté.

Chadwick assure aussi le dessin, qui est plutôt classique, voire même avec une petite tendance européenne. C’est propre, ni trop vide, ni trop chargé. En fait, c’est surtout la colorisation qui est spéciale. De nombreuses pages sont monochromes, par des variations de bleu, de blanc, de vert, de rouge... représentatives de l’ambiance (rouge de honte par exemple) ou du contexte (bleu nuit). Cela permet aussi de ressortir des aspects importants d’un dessin ou de visualiser ce qui apparaîtra dans le film (partie colorée) et ce qui fait partie de l’arrière-scène.

Avis : bien loin de tout ce qui est super-héros. Un comic qui a déjà plus de dix ans, mais qui change de ce qu’on lit habituellement en VF. Faites le détour !

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