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lundi 14 août 2006
par Vincent ’Old School’ Nasello

Le Surfeur d’Argent de Navarro & Mitton


Frustration, quand tu nous tiens !

(JPEG) Un ami m’a fait remarquer que je n’écrivais, dans cette rubrique, que sur des sujets qui me plaisaient ; normal, les bons souvenirs s’imposent facilement et l’on tente d’oublier les mauvais !
Le sujet de cet article est donc également un bon souvenir. Mais alors que d’habitude le déclencheur de la rédaction est un moment heureux qui m’en rappelle d’autres, aujourd’hui c’est la colère.
Je lisais sur le forum une discussion sur les comics « à la française » de LUG, en particulier les productions de Jean Mitton et Cyrus Tota (on oublie un peu facilement les scénarios de Marcel Navarro)

http://france-comics.dynamicforum.net/viewtopic.forum ?t=458

et je me suis souvenu que, bien avant ça, la maison d’édition lyonnaise nous avait proposé un épisode du Surfeur d’Argent en 2 parties. Mais commençons par le commencement...

En 1978, LUG lance un nouveau petit frère à Strange. Après Spécial Strange en 1975 et Titans en 1976, voici Nova. Et c’est vraiment un « petit » frère, car il est d’un format réduit avec 3 épisodes de comics au lieu des 4 habituels. Car contrairement aux autres « frères » dont le rythme de parution trimestriel ou bimestriel laisse le temps d’écouler les exemplaires, Nova est un mensuel et LUG veut mettre toutes les chances de son côté : (JPEG)

Un prix bas d’abord (dont le petit format est le corollaire), le choix des histoires ensuite.
Si Nova, qui donne son titre à la publication, est un parfait inconnu, pour les 2 autres héros, c’est une autre histoire.
Comme on vogue en pleine spidermania à la suite de la diffusion d’un dessin animé à la télévision, LUG qui a le premier introduit Spider-Man en France veut, logiquement, faire fructifier son choix et propose donc la seconde série du héros Spectacular Spider-Man. Ce qui, à cause du décalage temporel entre cette série et celle proposée dans Strange, entraînera de longues années de spoilers.
La dernière série est une réédition du Surfeur d’Argent. Si la série avait mal marché aux USA, stoppant après 18 numéros, les épisodes, publiés en France un peu moins de 10 ans auparavant, avaient fait l’effet d’une bombe. Les dessins magnifiques de John Buscema, bien servi par ses encreurs successifs, et les scénarios de Stan Lee, appuyant sur le côté christique du personnage, étaient encore dans toutes les mémoires.

Mais voilà, la série est terminée dans son pays d’origine aussi, après les épisodes de Buscema et avant la publication du graphic Novel de Jack Kirby et un dernier épisode du même auteur, publié à contrecœur, qui explorent un aspect tout à fait différent du héros, LUG fait un cadeau aux fans de la première heure : une histoire « maison » en 2 épisodes. Sous des pseudonymes plus ou moins transparents, Navarro au scénario et Mitton aux dessins, ce surfeur-là est poussé au paroxysme. (JPEG)

Si Mitton fait du Buscema-like, sa patte est pourtant aisément reconnaissable. La dimension messianique, fortement suggérée dans la série d’origine, est ici clairement affirmée avec une mort par lapidation du héros et sa résurrection le troisième jour.
Les exégèses pourraient à coup sûr faire une thèse en comparant la vision anglo-saxonne de Lee au tempérament latin de Navarro.
Bref que du bonheur ! Ce qui rend la suite encore plus désolante !

Ceux qui ont lu mes articles précédents connaissent le poids que la censure avait à l’époque. Bref, entre planches charcutées et dessins retouchés, malgré 2 éditions françaises, il n’y en avait pas une de satisfaisante pour les puristes. Aussi, je saute de joie lorsqu’en 2001 Soleil annonce une intégrale Silver Surfer et je me pose la question de la publication des épisodes de Mitton et Navarro.
Une pub de Soleil, assortie d’un planning de publication, me rassure ; l’édition comprendra l’intégralité de la première série, le graphic novel de Jack kirby et celui de John Buscema, ainsi que les épisodes de Moëbius et ceux de Mitton, dans des albums à part. Tout ceci m’incite à me lancer dans l’aventure malgré le prix élevé de chaque volume, mais, c’est bien connu : quand on aime, on ne compte pas (ou si peu !). (JPEG)

Las, les volumes défilent et toujours pas de Mitton.
Pour finir, Soleil se fend d’un numéro 0 qui reprend la venue du Surfer dans les pages de Fantastic four.
Oui, c’est bien gentil pour l’intérêt historique, mais ça fait, au moins, la quatrième édition dans notre belle langue. J’aurais préféré de loin que les promesses du début soient tenues.

Depuis, quand je relis cette intégrale ou quand je la prête pour la faire découvrir à des amis, je ressors les numéros 25 & 26 de Nova et ça fait un peu tache ! Avouez que c’est quand même ballot, surtout pour des épisodes de cette qualité !

(JPEG)

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