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jeudi 14 septembre 2006
par Stefff56

MirrorMask


(JPEG) Dans le monde du comic-book, Frank Miller n’est pas le seul artiste à transposer par lui-même son oeuvre sur grand écran. Neil Gaiman et Dave McKean rêvaient depuis pas mal de temps de s’essayer au cinéma, ce dernier étant déjà passé derrière la caméra pour quelques court-métrages (dont « Néon » très remarqué au festival du court métrage de Clermont-Ferrand).

Sorti en début d’année en salle aux USA, le film n’a pas eu ces honneurs dans l’hexagone puisqu’il sort directement en DVD le 3 octobre 2006. Dommage, surtout lorsqu’on connaît la popularité de Neil Gaiman, on ne peut que regretter le manque de courage des ayants-droits français.

MirrorMask nous conte le parcours d’Helena, jeune fille travaillant avec ses parents dans un cirque. Jusqu’au jour où sa mère doit être hospitalisée pour subir une opération délicate. La nuit précédente, Helena s’endort et pénètre dans un univers qui lui semble étrangement familier : il s’agit ni plus ni moins d’un monde qu’elle imaginait souvent et dont elle à tracé quelques esquisses dont les murs de sa chambre sont couverts.

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Nous découvrons avec elle un monde divisé en deux clans : la Lumière et les Ténèbres. Et le monde de la Lumière est actuellement en effervescence puisque la Reine est tombée dans un sommeil profond dont seul un Charme pourra l’en sortir. En compagnie de Valentin, jongleur opportuniste au grand coeur, Helena va partir à la découverte du Charme en question, afin de réveiller la Reine, sauver le monde onirique et enfin revenir dans sa réalité. Il va s’en dire que la Reine des Ténèbres voit la chose bien autrement...

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La puissance de MirrorMask ne réside certainement pas dans son scénario. Vous l’aurez vite compris, il s’agit d’un démarquage de l’oeuvre de Lewis Caroll, Alice au pays des merveilles. Un démarquage suffisamment habile toutefois pour qu’on ne regrette pas le visionnage, puisque Neil Gaiman modernise ses personnages, en n’oubliant pas de rendre un bel hommage aux gens du spectacle et du cirque en particulier. Reste que l’intrigue se devine aisément et n’offre pas grande originalité, ni dans son développement ni dans son dénouement. Nous sommes plus proches ici du conte pour enfants que d’un véritable scénario pour adultes : et on imagine que c’est tout à fait volontaire.

Non, son plaisir il faudra le chercher dans de petites trouvailles géniales que distribue Gaiman. Une bibliothèque où les livres nous offrent un magnifique ballet, un livre (encore une fois) des plus pratiques puisque prodiguant toujours des conseils adaptés à la situation, des chats teigneux, un Sphynx naïf, une serrure bien plus difficile à trouver que la clé qui l’ouvre, etc...

Et bien sûr, pour que tout ceci fonctionne, il fallait un visuel à la hauteur, prompt à nous embarquer dans l’imaginaire et le merveilleux. Et là, graphiquement, Dave McKean nous émerveille. Que ce film est beau ! L’univers graphique habille avec élégance le monde décrit par Gaiman. On touche là au gros point fort du métrage : l’aspect, la forme. Rarement un film aura été aussi beau. D’une beauté originale et recherchée, grâce à des visuels et des trouvailles formidables.

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Tourné presqu’entièrement sur fond bleu, l’intégration d’images informatiques permet à McKean de développer son univers graphique génial. C’est bien et pour résumer, imaginez simplement un dessin de McKean, mais au cinéma.

Reste que bien sûr tout ce spectacle a un prix. A force de nous retrancher, bien involontairement je suppose, dans un simple rôle de spectateur, le film n’amène que peu d’émotion. On assiste à l’histoire, on la trouve fort jolie, mais on ne la « vit » jamais. D’où une impression globale de froideur alors que curieusement le film baigne dans une atmosphère orangée...

Malgré ces défauts, MirrorMask est un incontournable pour les amateurs des précédents travaux de McKean et Gaiman. Tout simplement parce qu’à l’occasion de leur passage sur grand écran jamais les artistes ne trahissent leurs amours, leurs univers respectifs. On passe donc aisément sur les défauts de jeunesse, et on espère furieusement que l’expérience se poursuivra.

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