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samedi 14 octobre 2006
par Stefff56

Interview de Willy Favre, auteur du jeu de rôle Humanydyne


Bonjour. Pour commencer, pourquoi ne pas nous expliquer rapidement ce qu’est Humanydyne ? Peux-tu nous présenter le concept ?

Tout d’abord, et je dis ça au cas où certains des lecteurs ne sauraient pas de quoi il s’agit, Humanydyne est un jeu de rôles de super-héros. Un jeu de rôles est un jeu de société qui propose aux joueurs d’incarner des personnages dans une aventure guidée et gérée par "l’animateur" : le Maître de Jeu. C’est un principe de jeu qui n’est, ni plus ni moins, que l’ancêtre "sur table et en vrai" des RPG qui font désormais un tabac sur PC et consoles. Pour ceux qui veulent en savoir plus, je ne peux que vous conseiller de vous rendre sur le site de la Fédération Française de Jeux de Rôles. Essayer le jdr c’est l’adopter !

Pour revenir à Humanydyne lui-même, il est le premier jeu de rôles de super-héros français. En effet, depuis la traduction de Marvel Super Heros dans les années 80, il y avait un petit vide de ce côté là en France. Humanydyne propose d’incarner des super-flics, faisant partie d’une agence spéciale et chargés d’enquêter sur tous les crimes et délits impliquant des être dotés de super capacités. Le tout se situe dans l’Etat imaginaire de Madreselva, à l’intérieur de sa capitale San Sepulcro, une ville torride aux accents mexicains et à l’architecture moderne et aztèque.

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Créer un jeu de rôle, d’autant plus sur le thème des super-héros, c’est pas courant pour un français ! Quel a été ton parcours avant la publication de ce jeu de rôles ?

Et bien, vois-tu, au début il y avait les dinosaures et... Bon, je vais résumer un peu plus. Personnellement, j’ai commencé dans les fanzines littéraires et de jdr en 1992, après avoir passé une petite annonce dans le magazine Casus Belli. J’ai débuté comme illustrateur avant d’écrire également et de publier Brain Salad (jeu de rôles d’horreur parodique) en 1996 aux Editions de l’Oeil du Sphinx. Puis les choses se sont enchaînées... En 2001 j’ai créé mon site internet http://www.brainsalad.fr.st où j’ai placé des jdrs gratuits (comme DragOOns, un médiaval fantastique humoristique), puis en 2004 j’ai publié le LAB.01, une anthologie de jdrs courts avec 3 autres compères, et en 2005 j’ai sorti deux jeux : Brain Soda - le jdr de l’horreur grasse (Krysalid Editions), une version actualisée de mon premier jeu, et ELFIRIE - Acide Féérique (Phénix Editions), un jdr ayant pour thème le Petit Peuple dans le monde moderne. Puis, voilà, Humanydyne en 2006...

Entre temps j’ai dû choper des diplômes, le service militaire et un boulot, mais je ne sais plus dans quel ordre.

Comment as-tu réussi à "vendre" le concept à l’éditeur (Le 7ème cercle) ?

Grâce à mon agent officiel : Jérôme Larré, un des auteurs de Qin et relecteur de mon jeu. Enfin c’est ce qu’il m’a dit, mais j’ai signé nulle part avec mon sang. Il a montré le prototype du jeu au 7ème Cercle et l’équipe a été emballée par le concept. Donc ça a été plutôt simple et je dois même avouer que je ne m’y attendais pas du tout... Comme beaucoup, il m’est arrivé de faire de longues démarches auprès d’éditeurs qui n’ont abouti à rien, mais cette fois-ci je n’ai pas eu besoin de "vendre" mon idée moi-même.

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Je trouve, après lecture, que le "background" mexicain est l’un des gros points forts du jeu. Comment t’est venue cette idée franchement originale ?

En mangeant des pépitos. Non je plaisante, j’ai bouffé un clown ce matin et c’est vendredi, c’est pour ça. En vérité, je souhaitais prendre un cadre imaginaire pour San Sepulcro, car j’ai une passion secrète pour Gotham City. Comme je ne voulais pas refaire la roue et proposer une ville gothique et nocturne, j’ai tout de suite songé à l’inverse : le soleil. Et parfois mon cerveau s’amuse à faire des associations. Du coup, je suis parti sur le Mexique et j’ai tout de suite vu les gargouilles grimaçantes des buildings de Gotham remplacées par des fresques aztèques. Après, tout s’est enchaîné logiquement : la Basse Californie, la téquila, les mariachis... Ecrire la nouvelle d’introduction m’a permis en peu de signes de tracer les grandes lignes de l’univers.

En lisant Humanydyne, on se rend compte que le texte est truffé de petites références et de clins d’oeil aux comics. J’imagine donc que tu lis du comic-book. Quels ont été tes premières lectures ?

Ma toute première "vraie" lecture était un épais Titan, acheté dans les Pyrénées, où la couverture montrait Dark Vador. Ce n’est pas tant l’histoire consacrée à Star Wars qui m’a accroché, mais surtout la première apparition des "nouveaux" X-Men (Wolverine, Colossus, Diablo...) dans un épisode consacré à une nouvelle héroïne : Dazzler. J’avais déjà feuilleté par le passé plusieurs comics avec les tout premiers X-Men de Kirby (Cyclope, Angel...), mais c’est vraiment celle-là qui m’a donné envie de claquer ma thune dans tous les Marvel, Nova, Strange, Spidey, Titans que je chopais. J’ai donc pu suivre les aventures de Mikros et Photonik, nos comics nationaux, et suivre attentivement les aventures de Spidey, Red Richards, les Vendangeurs et consorts. J’adorais les Special Origines, et notamment les gros bouquins regroupant deux histoires (j’adore celui sur la Sorcière Rouge et Vision). Je n’ai jamais jeté ou vendu ce matos et j’ai toujours tout chez moi. En grandissant, j’ai commencé à avoir d’autres priorités (jdr et Amstrad) et j’ai réalisé que j’étais un peu paumé dans les histoires de mes amis en costume. Les deux dernières BD que j’ai achetées dans ce format étaient (de tête) le premier Spiderman signé Mac Farlane et le premier tome d’Excalibur (où j’avais complètement zappé le trip Mojo, mort des X-Men).

Après un abandon de quelques années, j’ai pris une autre porte à la fin du collège, par le biais de trois références majeures : Frank Miller (Batman : Dark Knight), Alan Moore (Watchmen) et Dave McKean (Arkham Asylum). Je crois que je ne m’en suis jamais vraiment remis... Mais du coup désormais je n’achète plus les comics en presse, je les chope en TPB, avec une prédilection pour Hellboy, The Authority, Planetary, Top Ten, Powers, Ultimates,etc... Bref, plutôt les histoires "post-modernes".

As-tu des clins d’oeil dissimulés dans le texte qui auraient pu nous échapper ?

Je crois qu’il y a quasiment un clin d’oeil par référence. A part les parallèles voulues avec des super-héros connus de chez DC et Marvel (surtout pour des soucis de copyright), l’amateur y verra des références claires à Kingdom Come, Marshal Law, Top Ten ou The Fabulous Frogman par exemple. D’autres y verront peut-être plus certaines références à John Carpenter, mais il est une sorte de référence perpétuelle chez moi. Oui, je l’avoue, je suis un fanboy de merde.

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J’aime beaucoup la couverture et les dessins pleines pages du livre. Comment as-tu rencontré André Reina ?

C’est moi qui ai réalisé les pleines pages et Damien Venzi la couverture, André étant le plus adroit pour les dessins en tradi qu’on trouve dans le bouquin. Je l’ai contacté en 1992 pour participer à mon premier fanzine "CREEPS"... Et on a continué à bosser ensemble sur la totalité de mes projets. Actuellement, il est officiellement dessinateur de BD et il a déjà sorti deux tomes (Mû) aux éditions Clair de Lune. C’est un très gros fan de comics, sans doute bien plus que moi en fait. Ah, et il est chauve aussi et son frangin fait de la super musique industrial dans le groupe SIZZLE. Mine de rien, c’était important de le préciser.

Ton premier comic-book, c’était quand, comment et pourquoi ?

Petit coquin va, tu crois que j’ai pas vu que tu me poses la même question qu’au-dessus ? Je peux te parler de mon tout premier bouquin par contre, c’était "Les Trois Petits Cochons à la ferme" et je devais avoir deux ans. Alan Moore à côté c’est Benny Hill.

Et maintenant, qu’est-ce que tu lis régulièrement en matière de bd et ... de comic-books ? Quels sont tes derniers coups de coeur ?

Ultimates est clairement ce qui m’a le plus accroché dernièrement. La réécriture des Vengeurs est magistrale, le graphisme superbe... Même ma copine a aimé, c’est pour dire ! Là on m’a parlé de plein de choses mais je dois trouver le temps de les choper. Quand on habite dans la brousse, c’est dur de trouver autre chose que des poules et des maladies.

Scénariste de bande-dessinée, ça te brancherait ?

Comme tous ceux qui écrivent des univers et des histoires, je dirais. Mais c’est comme écrire un roman, ce n’est pas du tout le même travail et c’est forcément un défi à relever. Mais oui, j’aimerais bien trouver un jour une personne bottée par les histoires que j’ai en tête pour me donner envie de franchir le pas. Après, comme tout, il faut juste éviter d’arriver en croyant qu’on va changer le monde et que les filles vont vous déculotter lorsque vous vous promenez en ville. Créer une histoire intéressante pour les lecteurs est une aventure en soi, et être lu et apprécié (même modéremment) reste ce pour quoi l’on crée. En tout cas, c’est mon cas. Pour finir la piscine aussi, même si je ne sais pas nager.

De quoi es-tu le plus fier dans Humanydyne : le système, l’ambiance,... ?

D’avoir eu envie d’y jouer moi-même dès les premières lignes, et d’avoir enfin trouvé un système qui me convient à 100% ? Je n’en sais trop rien en fait... Lorsqu’on a fini un ouvrage, on finit par le lâcher et le laisser faire sa vie. Et voir des gens y jouer rapidement, en me faisant des retours enthousiastes, c’est sans doute ma plus grande satisfaction.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à mettre en place ?

Les scénarios. C’est toujours quelque chose qui me prend énormément de temps d’écriture et de réflexion. Je n’apprécie pas les scénarios de jeux bâclés en fin d’ouvrage et là, j’ai souhaité qu’ils soient la continuité du jeu. Ainsi, un MJ peut se contenter de les lire comme la prolongation directe du background. Et comme il y en a trois, j’ai frôlé le claquage...

Question maintenant traditionnelle sur France-Comics, y a-t-il une question que tu aurais aimé que je te pose ? Et quelle aurait été la réponse ? :)

J’aurais bien aimé que tu me demandes quel a été mon premier comic-book. Je t’aurais alors répondu que c’était un Titans, acheté dans les Pyrénées... Rhha, déçu je suis.

A consulter :
Le site de l’éditeur, Le 7ème Cercle
Le blog de Willy Favre, Boyaux de la tête
et bien entendu, le site de référence sur les jeux de rôle de super-héros, conçu et animé par notre ami Ishar, Swarm of Heroes !

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