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samedi 16 août 2008
par Stefff56

The Dark Knight, Le Chevalier Noir


(JPEG) Quelqu’un a écrit un jour, au sujet de l’Empire contre-attaque, que le second volet d’une trilogie est souvent le meilleur, car on peut mieux travailler sur l’intrigue, puisque l’on est débarrassé des contraintes de l’introduction, de l’exposition des personnages et de l’inévitable conclusion. Christopher Nolan a souvent annoncé que Batman Begins était le premier volet d’une trilogie. Son deuxième volet, The Dark Knight est une réussite quasi-totale.

La ville de Gotham a maintenant un nouveau protecteur en la personne de Batman. Et il faut croire que cela donne des idées à certains, car pendant que la nuit le justicier traque la criminalité, un nouveau procureur les met sous les verrous le jour. Bruce Wayne trouve en Harvey Dent un confrère tout aussi capable de lutter contre la criminalité. C’est alors que surgit un nouveau vilain de la pire espèce, le sadique Joker, qui va, bien sûr, s’acharner à broyer les deux hommes...

On va tout de suite évacuer les points négatifs, si vous le voulez bien. J’avais trouvé que Batman Begins pêchait par ses scènes d’action illisibles : il était souvent impossible de comprendre rapidement l’enchaînement des actions dans les combats au corps-à-corps (revoyez celui contre Ras-al-Ghul et ses sbires pour vous convaincre). Dans The Dark Knight il y a du mieux certes, mais c’est loin d’être encore ça. C’est à mon avis le seul défaut de Nolan : il est visiblement bien plus à l’aise pour poser une ambiance et développer la psychologie de ses personnages. J’avais beaucoup aimé les tons ocres et orangés de Batman Begins, et Nolan opte ici pour une ambiance urbaine plus froide, bleutée, rappelant furieusement la palette de couleurs de Michael Mann (l’extraordinaire réalisateur de Heat, Collatéral, ou plus récemment Miami Vice) : je préférais le style du premier opus qui, à mon avis, collait mieux au personnage. Les goûts et les couleurs... Enfin, le métrage est long (2h30) mais le temps passe très vite. Cependant il m’a semblé déceler quelques coupures un peu disgracieuses (l’évasion du Joker, le deuil de Bruce Wayne), qui n’altèrent pas vraiment l’ensemble mais qui laissent penser qu’une version plus longue encore existe.

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Alors certes Nolan s’amuse à poser un style, mais il n’oublie jamais qu’il a une histoire et des personnages à développer. L’histoire justement est, pour un blockbuster de cette envergure, loin d’être idiote et se développe autour des 3 personnages principaux : Batman, le Joker et Harvey Dent (qui, comme vous le savez, va devenir Double Face). Nolan utilise de manière impressionnante son intrigue pour mettre en résonance ces 3 personnalités. Bruce Wayne veut lutter contre le crime mais aimerait passer le flambeau pour vivre son histoire d’amour avec Rachel la jeune avocate. Harvey Dent veut foncièrement rayer le crime de la ville de Gotham et est le jumeau inversé de Batman : il lutte contre le crime avec l’aide de la Justice à visage découvert, Harvey Dent serait donc pour Bruce la possibilité de stopper sa vie de justicier. Ces 2 personnalités, associées à l’Ordre, connaissent un écho négatif en la personne du Joker : insaisissable, sadique, pervers, le Joker est l’incarnation, non pas du mal, mais du chaos, de la folie. Le Joker ne veut pas tuer Batman, il ne veut pas dominer le monde ni empocher de l’argent. Il veut juste être l’Anarchie. Forcément, de part leurs moralités opposées, ces trois personnages vont s’affronter. Et Gotham devient l’expression des chamboulements psychologiques en cours, c’est-à-dire un énorme champ de bataille dévasté à grands renforts d’explosions et d’effets pyrotechniques.

Un mot sur les acteurs, qui participent grandement au succès de l’ensemble. C’est simple : Christian Bale est Bruce Wayne, difficile maintenant d’envisager un autre acteur sous le costume. Gary Oldman reprend l’insigne de Jim Gordon, avec un peu plus de présence à l’écran et donc un charisme accentué. J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver deux acolytes de Bruce : Michael Cain (en Alfred) et Morgan Freeman (en « Mr Q ») sont parfaits, avec ces petits sourires paternalistes au coin de l’œil qui font mouche. Maggie Gyllenhaal remplace Kathie Holmes sans problème : elle paraît moins gamine et du coup plus crédible. Aaron Eckhart est très intéressant en Harvey Dent, car son visage correspond bien au rôle. Et enfin, mention spéciale à Heath Ledger : on le disait impressionnant ? C’est peu dire ! Il concocte un Joker malsain, qui met parfois mal à l’aise et pourtant on le connaît ce personnage, depuis le temps qu’on lit Batman ! Si possible, voyez la version originale pour une prestation plus poignante encore.

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Batman Begins utilisait une narration certes audacieuse mais un poil enchevêtrée sur sa première heure. Ici Nolan revient à un déroulement plus classique, mais c’est pour mieux nous saisir par la noirceur de l’histoire. Qu’on se le dise : Batman/Bruce Wayne est l’immense perdant du film, puisque le Joker l’emporte sur tous les niveaux (ou presque). Du coup, The Dark Knight est un film étonnamment sombre et désespéré, surtout pour un blockbuster qui cartonne aux USA.

The Dark Knight est donc une belle réussite, si bien qu’on s’empresse de croiser les doigts pour que le troisième volet soit de la même envergure. Et Nolan vient de placer la barre très très haut !

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