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dimanche 15 mars 2009
par Soyouz

Le livre de la jungle de Harvey Kurtzman


Albin Michel

Harvey Kurtzman‘s Jungle book

(JPEG) Avant de parler de cette BD, un tout petit historique sur l’auteur ne serait pas mal pour les plus jeunes. Harvey Kurtzman est le créateur du révolutionnaire Magazine Mad qui influença toute une génération d’artistes, des deux côtés de l’Atlantique. Hara-Kiri, Pilote ou Charlie (si la préface est de Wolinski, ce n’est pas pour rien) n’aurait peut-être pas eu la même saveur sans cet américain.

Kurtzman est également connu pour avoir créé avec le dessinateur Will Elder, le personnage sulfureux de Little Annie Fanny pour le magazine Playboy.

Le livre est sorti en 1959 aux Etats-Unis (ce format est presque novateur pour l’époque) et en 1997 dans cette édition française. Charlie Mensuel avait évidemment déjà publié cette œuvre dans les années 70. Elle est sous-titrée « Comment réussir à tout prix dans ce monde impitoyable ». Cela donne une idée du ton voulu par Kurtzman. Ici, point de Mowgli ou de Baloo, mais des personnages loin d’être attachants, « héros » des 4 récits indépendants et bigrement satyriques.

Thelonius Violence, détective privé (genre) : Thelonius Violence est un privé, stylé Mike Hammer et consorts, toujours dans les boîtes à jazz à draguer les filles et à se prendre des bourre-pifs. Il va devoir enquêter sur une affaire dont l’enjeu est totalement pathétique. L’auteur s’amuse à reprendre tous les tics de ce genre d’histoires, pour en ressortir tout le ridicule sans forcément pasticher à outrance. Et ce n’est parce qu’il va travailler pour Playboy que le Monsieur est forcément grossier ou vulgaire, il n’en a pas besoin pour se faire comprendre.

Le cadre-sup en costard-cravate : cette fois-ci, Kurtzman ne fait pas semblant. Il devait avoir quelques griefs envers les médias, avec les journalistes en première ligne, sans aucune équivoque. Les messages pleuvront tout au long du récit. Il crée pour l’occasion Goodman Beaver, personnage qu’il réutilisera pour de futures productions avec Will Elder. Jeune homme tout juste sorti de l’école, il arrive au sein de la rédaction d’un journal. Naïf au départ, pour survivre, il deviendra pire que le pire des hommes.

Frénésie sur la prairie : je pense que Kurtzman ne devait pas aimer les westerns. Et ce n’était pas ce qu’il manquait à l’époque, notamment avec John Ford et John Wayne. A travers la volonté inébranlable d’un shérif poursuivant un bandit, il met en avant toutes les absurdités et les limites des scénarii, mais également toutes les idées reçues véhiculées dans ces films, notamment sur les indiens.

Décadence dégénérée : la plus belle fille d’un village du cœur des Etats-Unis est assassinée. Le tueur n’est forcément pas celui qu’on croit. Encore une fois, ce sont les préjugés et les facilités scénaristiques (que certains appellent classicisme) qui sont critiqués, avec une pointe de pauvreté de caractérisation de personnages. Si tout cela sent le réchauffé et l’absurde, c’est entièrement voulu par Kurtzman. Le titre est d’ailleurs très évocateur.

Le final de la dernière histoire résume assez bien l’idée générale de l’Américain : tout cela est bon à mettre au feu !

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