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lundi 23 novembre 2009
par Soyouz

Clones


Un comic-book qui aurait pu passer inaperçu parmi la myriade de titres indépendants sortant aux États-Unis, notamment chez Top Shelf, et qui a finalement droit à une superproduction d’Hollywood.

(JPEG) Clone : individu ou population d’individus provenant de la reproduction végétative ou asexuée d’un individu unique. Fig : a. Individu qui serait la réplique d’un autre individu. b. Copie conforme, imitation bon marché.

Si on lit bien cette définition du Larousse, il apparait que le sens figuré est ce qui correspond le mieux à cette histoire, et encore. En effet, les « clones » de ce film sont en fait des robots manipulés par un individu. Ces êtres synthétiques sont souvent en apparence un peu plus jeunes que l’original (je ne parle pas des aménagements technologiques) et peuvent très bien être totalement différents (une femme pour un homme, un blanc pour un noir, ...). Par conséquent, le côté « copie » ou « imitation » de la définition est très éloigné. Ce n’est donc pas pour rien que les auteurs avaient appelé leur bande dessinée The Surrogates, littéralement Les Substituts. Preuve que le marketing et la traduction ne font forcément bon ménage [1] car c’est évidemment moins vendeur que le terme très à la mode depuis la prélogie Star Wars. Delcourt n’a évidemment pas eu le choix pour ce qui concerne la version française. Et d’ailleurs, dans le film, ce n’est pas un hasard si c’est l’expression complète de « clone de substitution » qui est utilisée.

Mais revenons au film. Comme pour toute adaptation, il y a évidemment des aménagements dans le scénario. Globalement, c’est la même histoire. Mais pour ajouter un peu plus d’intensité, l’arme du terroriste tue les manipulateurs à travers leurs clones. De plus, l’intrigue et le déroulement de l’enquête évoluent différemment. Du coup, que vous soyez en premier lieu lecteur ou spectateur, vous pourrez profiter de l’autre média, même si le final comportent de grandes similitudes.

(JPEG)

Question développement de cet univers, malgré le fait que le film conserve des défauts de son matériau d’origine (on ne sait pas ce qui se passe à l’extérieur de la ville) et en comporte d’autres (aucune explication sur l’abaissement de la criminalité), la pellicule permet d’enrichir plus facilement et plus abondamment l’environnement de ce futur (moins sombre quand dans le comic-book, de part le choix d’occulter totalement la colorisation particulière du dessinateur) et les nouvelles habitudes des humains par l’intermédiaire de leurs clones (enfin, surtout leurs nouvelles dépravations). Malheureusement, cela reste insuffisamment exploité et notre curiosité aimerait en voir beaucoup plus, tant les possibilités du concept semblent immenses. Mais il est vrai qu’en 1h30, il peut être difficile de tout montrer.

Mais ce film a quand même quelque chose en plus. Le héros campé par Bruce Willis n’est pas allé physiquement dans le monde extérieur depuis plusieurs mois quand son substitut se trouve endommagé. Et le jeu de l’acteur semble donner une bonne idée de ce qu’on pourrait ressentir dans un tel cas. La relation particulière entre l’Agent Greer et sa femme est aussi bien retranscrite, légèrement amplifié par un pathos très hollywoodien. Caractéristique identique pour l’épilogue qui est bien plus brutal, pessimiste et sans concession dans la bande dessinée.


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Clone ...


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... pas clone !

La réalisation de Jonathan Mostow est sans génie ni folie. Cela reste très propre, tout comme le jeu des acteurs (choisi de manière à être politiquement correct, avec des femmes comme des personnes de couleur dans les rôles clés), et donc idéal pour le film du dimanche soir. Il est bien équilibré entre l’enquête et les scènes un peu plus privée, les phases d’action et les dialogues et on ne voit donc pas le temps passé. Vous me direz qu’heureusement parce qu’il est court, mais ceux qui ont la mauvaise idée de voir le Spirit savent qu’on peut ressentir un grand ennui au bout d’une demi-heure.

Un film qui ne sort pas vraiment du lot mais qui est tout à fait correct et que je ne mettrai pas dans la case série B. Une bonne adaptation car les choix sont plutôt judicieux et peuvent surprendre les lecteurs et leur apporter un plus par certains côtés.

[1] Thomas Olivri évoquait un peu ce décalage dans son interview pour France-Comics

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