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mardi 6 avril 2010
par Soyouz

Interview Delcourt - Vincent Bernière (2010)


Son arrivée aux éditions Delcourt coïncide avec la création de la collection Outsider qu’il dirige. Si on regarde la quantité et la variété de titres proposés depuis septembre 2008, on ne peut pas dire que Vincent Bernière se soit tourné les pouces. Rencontre électronique avec un bourreau de travail !

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Bonjour Vincent et merci de prendre le temps de répondre à mes questions. Pour ceux qui, par mégarde, n’auraient jamais entendu parler de vous, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Eh bien, disons que j’exerce plusieurs activités, si tant est que se définir passe par l’énumération de ces activités. Une grande partie de ma carrière passe par la bande dessinée et le journalisme. J’ai commencé par être libraire dans un magasin multimédia sur les Grands Boulevards à Paris, qui s’appelait à l’époque Extrapole, racheté depuis par Virgin. J’y avais développé un rayon indépendant et américain assez conséquent dans les années 1990, qui constituent selon moi un âge d’or en la matière, notamment grâce à un grossiste de comics indé qui m’a beaucoup appris et qui s’appelle Philippe Ouvrard. Sa structure s’appelait à l’époque Anthracite. Philippe a ouvert récemment une libraire à Paris, rue Monsieur le Prince, qui s’appelle le Flâneur des deux rives. Mais j’avais aussi le désir d’écrire, d’abord sur la bande dessinée, donc j’ai collaboré à des fanzines avant de placer des piges aux Inrockuptibles, à Technikart et à Beaux Arts Magazine où j’ai tenu une rubrique mensuelle de deux pages pendant plusieurs années. Petit à petit, j’ai réalisé des numéros hors série pour ces journaux en tant que rédacteur en chef (ce que je fais toujours), et j’ai aussi dirigé Bang !, avec Benoit Peeters et Fabrice Bousteau, 8 numéros en librairie et 3 numéros en kiosque avec les Inrockuptibles. Hors BD, j’ai réalisé quantité de reportages de société pour Technikart, en particulier sur les marges, consommateurs de drogues, prostitués et transsexuels, et puis des documentaires de société pour France Culture. Je suis aussi romancier et, plus récemment, scénariste de bande dessinée. Le premier scénario que j’ai écrit devrait paraître prochainement dans la collection Aire Libre chez Dupuis avec Frédéric Poincelet au dessin. Ça s’appelle Le château des ruisseaux.

Comment êtes-vous entré dans le monde des comics ? Vous lisiez du super-héros dans votre jeunesse ?

Oui, enfant je lisais les comics Marvel en kiosque : Strange, Spécial Strange, Nova et aussi Titans (que j’aimais moins). En fait je lisais toutes les bandes dessinées qui me tombaient sous la main, de Rahan au Club des cinq (mais là, il n’y avait que quelques pages de BD dans certains livres, snif), en fait rien que de la bande dessinée ! Cela dit c’était moins les combats super-héroïques que les histoires de cœur ou la vie quotidienne des héros qui m’intéressait - déjà. Par exemple, quand je lisais Strange, disons vers le début des années 1980, je pense, la rivalité de Spider-Man et du Bouffon Vert avait causé la mort de Gwen Stacy, balancée d’un pont. Cette histoire m’a marqué à vie. Mon autre superhéros préféré était Iron Man, que je prononçais à la française, bien sûr !

(JPEG) Lorsque je suis devenu journaliste, j’ai intégré le monde de la BD de l’intérieur, comme professionnel. Et c’est comme ça que j’ai commencé à entrevoir la possibilité d’éditer des romans graphiques américains en français. A l’époque, j’étais aussi représentant en librairie, et je travaillais pour Vertige Graphic, qui publiait de l’indé US, notamment Sin City de Frank Miller et Ghost World de Daniel Clowes. Je voyais bien que l’Association en faisait aussi mais ils avaient parfois des positions que je ne partageais pas. Exemple : ils avaient détesté La vie est belle malgré tout de Seth, que moi j’adorais, et qui fut finalement publié par Charles Berberian aux Humanoïdes Associés. C’était le début d’internet, et c’est comme ça que j’ai contacté Chris Oliveiros de Drawn & Quarterly, avec qui je continue d’entretenir une relation très privilégiée. Je suis devenu directeur de collection au Seuil et mon premier livre publié fut Berlin de Jason Lutes, qui fut réimprimé quatre fois. Je me rappelle de mon premier email à Chris Oliveiros, depuis la rédaction de Beaux Arts Magazine, je lui disais que je considérais Jason Lutes comme une sorte d’Alexandre Dumas moderne...

Comment vous positionnez-vous par rapport aux autres éditeurs français de comics indépendants ?

Nous sommes désormais nombreux sur le marché, et disons que chacun a son pré carré. Des éditeurs de taille modeste sont apparus, comme Ça et Là et Cambourakis, qui publient des graphic novels. Mais je suis l’éditeur français optionnel de Drawn & Quarterly, c’est à dire que rien de ce qu’ils publient ne passe d’abord et avant tout entre mes mains. J’entretiens également de très bonnes relations avec Kim Thompson chez Fantagraphics. La majeure partie des titres que je publie provient de ces deux catalogues américains. Parfois je vais aussi voir ailleurs, comme avec Cul de sac de Richard Thompson chez Andrews Mc Neel, l’éditeur de Calvin et Hobbes. Si vous regardez bien ce qui est publié en France, vous verrez que la publication de comics indé en France dépend de relations privilégiées entre des éditeurs français et américains, ou entre des éditeurs français et des auteurs américains. Exemple : Cornélius est l’éditeur de Daniel Clowes et Robert Crumb, Nadia Gibert de Casterman achète beaucoup de titres chez Top Shelf ou First Second, Thomas Ragon chez Dargaud est le premier client de Lora Foutain Agency, Alain David chez Futuropolis est l’éditeur de référence de Joe Sacco, etc. C’est un petit monde et nous nous connaissons tous !

Pour vous, quelle serait la définition d’un comic-book indépendant ?

(JPEG) C’est une définition imprécise, soumise à certains énervements, parfois. Vous savez que chez les américains, ou vous faites partie du mainstream chez Marvel ou DC, ou bien vous êtes indépendants. Mais en France, l’indépendance est devenue une catégorisation esthético-politique. Mais qui ne veut plus dire grand chose désormais. Par exemple, nombre d’éditeurs indépendants publient aujourd’hui des titres médiocres (ce qui était moins le cas dans les années 90). Et rappelons que Guy Delcourt est un éditeur indépendant (si, si et, croyez-moi, ça signifie quelque chose de ne pas avoir d’actionnaires...). Mais disons que, d’un point de vue éditorial et contrairement à d’autres (Seth, Art Spiegelman ou Alan Moore, par exemple) j’aime l’appellation française de roman graphique. Pour moi, donc, un roman graphique est le plus souvent au format roman, de la bande dessinée sur une pagination non définie et parfois volumineuse, ayant des préoccupations littéraires, sinon romanesques, et passant par un style graphique et narratif affirmé.

A quoi ressemble une journée normale de directeur éditorial ? Si dans votre métier une journée normale existe ...

Je suis un nomade et vis entre la France, l’Inde et l’Afrique. Mes journées d’éditeur sont donc paradoxalement soumises à une certaine routine que je me dois de respecter, sinon je ne m’en sortirais pas. Je n’ai pas de bureau chez Delcourt mais une assistante, Laure Creff, qui agit pour moi comme un métronome, une interface et une aide précieuse. Elle me rappelle de temps en temps à l’ordre mais, dans l’ensemble, nous formons un couple professionnel harmonieux. En dehors de parer aux affaires courantes, j’entretiens une volumineuse correspondance par email avec les américains. Une fois les contrats négociés puis signés, mon travail d’éditeur consiste à veiller à ce que les tuyaux commerciaux et de production chez Delcourt soient pourvus : argumentaires, textes de présentations, brief’ de couvertures, textes de C4, etc. et les BAT (NdSoyouz : Bon à tirer, épreuve finale avant passage chez l’imprimeur pour tirage de masse) validés sur pdf. Delcourt est une machine qui ne s’arrête jamais. Pour bien suivre, il faut être organisé, c’est tout. Et compte-tenu de ma situation, avoir une connexion internet haut débit en permanence ! Cela dit, je suis toujours joignable et ne prends jamais de vacances. D’ailleurs, je ne sais pas ce que ça veut dire.

Votre fonctionnement de travail est-il différent de celui que vous aviez aux Editions du Seuil, notamment avec votre hiérarchie ?

Oui ! Très différent. Au début, au Seuil, je travaillais avec Brigitte Morel et Jacques Binsztok, qui connaissaient la bande dessinée. Mais après le rachat du Seuil par La Martinière, je me suis retrouvé dans des réunions avec des contrôleurs de gestion et des commerciaux qui ne connaissaient rien à la BD. Ils prenaient des décisions étranges. J’étais le seul à lire les livres que je publiais... Au bout d’un moment, j’ai compris qu’ils avaient d’autres chats à fouetter que de publier des romans graphiques. Et, surtout, que si je continuais au Seuil, j’allais bientôt perdre mes auteurs américains à force de ne plus pouvoir les suivre régulièrement. Certains éditeurs commençaient à cocher les titres sur mon catalogue pour les racheter... J’avais un contrat en or, mais j’ai décidé d’y mettre fin et d’aller voir Guy Delcourt pour monter Outsider. J’avais envie de poser mes valises. J’ai été accueilli à bras ouverts. Guy Delcourt est quelqu’un qui connaît très bien la bande dessinée, et les comics. Il possède une forte expérience et, surtout, il me fait entièrement confiance. C’est un grand professionnel et aussi un ami, désormais. Lorsque vous avez l’impression de prêcher dans le désert, il est bon d’avoir l’oreille, le soutien et la puissance de feu d’un éditeur tel que Guy. Nous nous voyons régulièrement quand je suis à Paris mais nos échanges se font surtout par email. Tous les deux, nous n’aimons pas trop le téléphone. On a dû s’appeler 2 fois en 2 ans ! Mais qu’il soit au Japon ou moi à Bombay, il ne se passe rarement plus de 24h avant qu’un email n’ait sa réponse. Pour un personnage de sa qualité, Guy est l’interlocuteur le plus facilement joignable que je connaisse. En fait, si on regarde bien, Outsider, pour de nombreuses raisons, ne peut exister sans Internet.

Par rapport à Contrebande qui fait aussi du comic-book indépendant, comment qualifieriez-vous et différencierez-vous Outsider ?

Essentiellement par les auteurs que je publie et que je publiais déjà au Seuil : Seth, Joe Matt, Chester Brown, Adrian Tomine, Jason Lutes, Dave Cooper, les frères Hernandez... Et puis, Contrebande fait du mainstream, pas moi. Cela dit, Contrebande faisait du roman graphique avant que je n’arrive chez Delcourt, il était donc naturel qu’il poursuive cette voie là, pourquoi pas ?

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Comme chez votre éditeur précédent, vous traduisez la majorité des titres que vous publiez. Pourquoi ce choix ? Financier ? Par plaisir ? ...

En fait, je passais parfois plus de temps à relire et corriger les traductions qu’à le faire moi-même ! Pour certains auteurs, comme Adrian Tomine ou Tim Lane, il s’agit véritablement de plaisir, car ce sont des stylistes. Pour David Heatley, d’arrachage de cheveux ! Mais c’est aussi dû à ma situation de voyageur : on peut faire des traductions n’ importe où et n’importe quand. Donc ce travail s’adapte parfaitement à ma condition.
Financièrement, ce n’est pas la meilleure affaire du siècle mais ce n’est pas mal payé non plus ! Et puis, si vous traduisez un best-seller, alors les droits seront conséquents. Mais je travaille aussi avec Anne Capuron qui, sur Cul de sac de Richard Thompson, par exemple, a réalisé un travail d’une grande qualité.

Et vous travaillez avec quasiment la même relectrice et le même lettreur depuis quelques années. Sur quels critères choisissez-vous vos « prestataires » et comment travaillez-vous avec eux ?

Une fois de plus, c’est dû à ma situation particulière. Je ne peux travailler qu’avec des gens en qui j’ai confiance, sinon je ne m’en sortirais pas. Laurence Lemaire et Eric Brocherie sont des amis de longue date. Nous nous connaissions avant de travailler ensemble. Dans l’ensemble, mes collaborateurs doivent être autonomes, savoir prendre les décisions que j’aurais prises, respecter les délais et être très réactifs.

Si en plus on regarde les premiers auteurs publiés (Dave Cooper, les frères Hernandez, Joe Matt ...) et ceux que vous éditiez dans votre « vie d’avant », peut-on dire que la fidélité est une de vos caractéristiques ?

Oui. On a souvent dit à mon propos que j’étais infidèle, que je collectionnais les casquettes. Mais c’est faux. Le truc, c’est que je suis fidèle à plusieurs personnes en même temps ! Et puis, si on regarde attentivement tous mes travaux, on s’aperçoit qu’il y a une certaine cohérence...

On y voit aussi une très grande diversité de thèmes, de styles et de formats. Comment choisissez-vous et dénichez-vous les titres américains que vous publiez ? Est-ce qu’il y a des genres, des thèmes, des styles graphiques que vous privilégiez et/ou que vous refusez ?

(JPEG) D’abord, je publie TOUT ce que font mes auteurs. Car je sais que TOUT ce qu’ils font est de qualité. Ensuite, il faut que ce soit bien dessiné, car je suis très sensible au dessin. Mais attention, beau dessin ne veut pas dire virtuosité technique ! L’économie de la bande dessinée est particulière. Seth, Chester Brown, Joe Matt ou David Heatley : leur économie esthétique à tous est bien différente et pourtant remarquable. Et puis je suis sensible aux histoires, à l’honnêteté et la sincérité des auteurs en termes de production. Rien de bien extraordinaire, en somme, pour un éditeur de bande dessinée. Je suppose qu’ils vous diront tous la même chose. Heureusement, nous n’avons pas tous les mêmes goûts et au niveau du lectorat, c’est pareil... Il y a de la place pour tout le monde. Personnellement, je n’aurais pas publié Bottomless Belly Button de Dash Shaw, car je trouvais ça mal dessiné, ni Blankets de Craig Thompson, car je trouvais ça cucul la praline. Et pourtant ces livres furent des succès.

Est-ce systématiquement vous qui proposez d’adapter en VF telle ou telle histoire ? Ou des auteurs étrangers ou des éditeurs viennent vous voir directement ?

Par je ne sais quel mystère, c’est toujours moi (sauf de rares exceptions) qui suis allé vers les auteurs et les éditeurs...

Pour vous, le format de l’adaptation doit forcément respecter le format originel de publication, malgré le coût supplémentaire que cela doit représenter ?

Oui. A l’heure du webcomic, l’objet doit représenter une réelle plus-value. Drawn & Quarterly l’avait compris avant tout le monde, je n’ai fait qu’adapter ce principe, qui me seyait particulièrement, il faut bien le dire. C’était aussi la politique du Seuil Jeunesse de Jacques Binsztok, en son temps.

Croyez-vous possible de publier un titre que vous n’aimez pas, mais dont vous êtes sûr du potentiel commercial ?

Il faut parfois se méfier de ses goûts. Par exemple, lorsque l’Association a commencé à publier Persepolis de Marjanne Satrapi, je ne comprenais pas. Je trouvais ça affreusement dessiné (et je continue à le penser). Mais quand on voit la carrière du livre... Récemment, on m’a proposé un Persepolis bis, eh bien j’ai dit non. Je crois que Casterman l’a acheté. Je ne me souviens même plus du titre. On ne se refait pas. Mais pour répondre à votre question, oui, pourquoi pas. Reste à savoir si j’en suis capable...

Je suis très ravi de voir toujours plus de Love & Rockets en VF. Vous comptez publiez l’ensemble du matériel américain disponible ?

Oui. La publication de Love & Rockets ne peut s’envisager autrement qu’ainsi, vu la nature rhizomique de l’œuvre. C’est d’ailleurs comme ça que je l’ai pensé, dès le début.

J’ai eu la chance de rencontrer David Heatley au festival international de la bande dessinée. Malheureusement pour lui, il n’y avait pas grand monde qui venait le voir. Pensez-vous qu’Angoulême n’est pas un bon endroit pour les auteurs indé pour se faire connaître ? Ou la présence d’auteurs franco-belges beaucoup plus connus est préjudiciable pour ce genre d’artistes ?

Non, rien à voir selon moi avec la nationalité. N’oubliez pas que J’ai le cerveau sens dessus dessous était le premier livre de David Heatley, et un livre pas facile... Cela dit, il était hyper content d’Angoulême, ça lui a donné un coup de booster pour travailler ! Vous savez, aux USA, les auteurs de comics indé passent parfois largement inaperçus...

De quoi êtes-vous le plus fier ?

D’avoir publié Love & Rockets alors que tout le monde disait que c’était voué à l’échec en France du fait des diverses expériences malheureuses contractées auparavant. Je suis tout de même allé chercher le prix du Patrimoine pour Locas. Et puis c’est ma bande dessinée préférée, vraiment. Seules contre tous de Miriam Katin, aussi, qui a reçu le prix de la Critique. Et puis soutenir Dave Cooper. Avoir découvert David Heatley et Tim Lane, aussi.

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Quelles sont les réussites de la collection ?

Berlin #1 et #2 de Jason Lutes, incontestablement. Loin d’être parfait d’Adrian Tomine, qui a son public. Les nouvelles éditions d’Insomnie et autres histoires de Tomine et La vie est belle malgré tout de Seth ont aussi fait de bons scores. Et puis, j’ai bon espoir que Cul de Sac de Richard Thompson devienne un succès, mais il faudra peut-être du temps, c’est toujours comme ça avec les strips.

Et les déceptions ?

Les chiffres de Dave Cooper sont toujours assez faibles et c’était déjà le cas au Seuil, hormis Ripple. C’est un mystère pour moi. Tant de gens adorent Cooper, comme Sfar, Trondheim, Zep ou Matt Groening (il fait les décors de Futurama). C’est un génie du dessin ! Ok, ses histoires sont sans doute un peu bizarres... Chez les frères Hernandez, Jaime vend plus que Gilbert et ça m’ennuie toujours un peu. Ainsi le premier titre de la collection Outsider, La rivière empoisonnée, a connu des ventes modestes et pourtant, selon moi, quel chef d’œuvre. Enfin, vu la somme de travail qu’a représenté J’ai le cerveau sens dessus dessous de David Heatley, j’avais espéré qu’il fut dans la sélection officielle du dernier festival d’Angoulême. Nombre de jurés étaient fans et il aurait pu recevoir un prix (d’autant qu’il était invité) mais bon, on gagne pas à chaque fois...

Avec quel(s) autre(s) artiste(s) aimeriez-vous travailler ? Quel(s) titre(s) ou série(s) aimeriez-vous ou auriez-vous aimé publier ?

Daniel Clowes, Art Spiegelman, Robert Crumb et David Mazzucchelli. Malheureusement, Asterios Polyp se fera chez Casterman, ils nous ont battus aux enchères, les bougres !

Que lisez-vous actuellement ?

Je relis la trilogie divine de Philip K. Dick et je traduis Market Day, le prochain - et très bon - roman graphique de James Sturm. Et puis le Times of India, quotidiennement.

Que pensez-vous du marché actuel du comics VF ?

Beaucoup d’éditeurs, peut-être un peu trop. Mais finalement, il est rare qu’un bon titre ne soit publié en France, alors tant mieux, quelque part. Mais dans le lot, je me dis que certains n’auraient rien à perdre à rester en VO, comme Quimby the mouse de Chris Ware, Krazy Kat de George Herriman ou l’anthologie Blazing Combat récemment publiée. Sinon, le point positif pour moi est que la vente existe et ça, lorsqu’on est éditeur, c’est tout de même essentiel.

Quel est votre avis sur la bande dessinée en format numérique, disponible sur des sites comme Digibidi ou Ave !Comics ?

Je n’ai pas d’avis sur la question. Je crois que ça ne m’intéresse pas. A tort, sûrement.

Et sur les Webcomics ?

Idem.

Auriez-vous une petite exclusivité pour France-Comics ? A quoi aurons-nous droit dans les prochains mois que vous n’auriez pas encore annoncés ?

Cinq morceaux de Michael Cho, un nouvel auteur. Le Playboy de Chester Brown (après la précédente réédition de Je ne t’ai jamais aimé) et puis sa nouveauté, attendue en 2011. Je vais aussi publier (chez Contrebande, comme quoi...) Château l’Attente tome 2 de Linda Medley (là, c’est l’éditeur américain qui est venu me chercher) au premier trimestre 2011. Je crois bien ne l’avoir annoncé nulle part à ce jour...

Enfin, les questions traditionnelles sur France-Comics :
- Quelle question auriez-vous aimé que je vous pose ?

Aucune question en particulier.

Quelle question auriez-vous aimé que je ne vous pose pas ?

Aucune question en général

Et quelles auraient été les réponses ?

Ça m’est égal.

Encore merci Vincent pour votre disponibilité.

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