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lundi 26 avril 2010
par Soyouz

Kick-Ass


Quand on va voir une adaptation de bande dessinée, il y a forcément des points qui seront différents du matériel d’origine et qui feront débat. Dans le cas de Kick-Ass, Mark Millar a sorti le dernier épisode alors que le film était déjà bien avancé. En France, Panini et les ruptures des stocks nous donnent la chance de le visionner en étant quasiment vierge de toute page et surtout de la deuxième partie du récit. Voyons donc ce que vaut ce coup de pied au cul.

(JPEG) Dave Lizewski est un fan de comic-books de super-héros. Il a toujours rêvé d’avoir des super-pouvoirs et de faire régner la justice. Lassé par un énième racket, il va faire le choix qu’aucun homme n’a encore osé faire : se créer une seconde identité afin de devenir un justicier urbain. Kick-Ass est son nom.
Ses pérégrinations nocturnes vont l’amener malgré lui au cœur d’une guerre entre un ancien flic et un truand milliardaire.

Dans la réalité, des personnes réelles portant des costumes pour surveiller les quartiers existent déjà depuis plusieurs années (un article de Wikipedia vous en présente plusieurs et vous mène également vers le site de Real Life Superheroes). L’idée de Mark Millar n’est donc pas vraiment originale, si ce n’est qu’il sublime son histoire. S’il part du principe que dans le monde réel de Dave Lizewski, ces hommes et femmes n’existent pas, il parait tout de même peu probable que les personnes que l’on peut voir via le lien ci-dessus s’engage dans une lutte contre un mafieux ou un dealer international. Sa réalité fait quand même donc très fictionnel, ne nous leurrons pas.

Il faut voir Kick-Ass avec un second degré, notamment pour ce qui est des bases de cet univers que l’on rencontre généralement dans les comic-books de super-héros, et il semblerait de toute façon que c’est un choix de l’auteur et du réalisateur Matthew Vaughn. Ce n’est pas de la moquerie, c’est de l’humour. Pour une bonne partie du film, le sérieux n’est pas de mise et les situations virent souvent vers la comédie, sans tomber dans le ridicule navrant. En plus des nombreux comics qui jalonnent naturellement les scènes du film, le film fourmille de clins d’œil à Spider-Man, Star Wars, Watchmen, ...
Mais Kick-Ass n’est pas un Mystery Men et l’intrigue amène quand même sa dose de tragédie et d’émotion. De plus, cette extrême violence gratuite relativise le ton de la première partie et montre bien la « finesse » avec laquelle Millar valorise son histoire et ses combats. Néanmoins, ceux-ci sont très bien orchestrés, que ce soit pour les coups de bâton dans le vide de Kick-Ass et les envolées d’Hit Girl, et on est loin des scènes épileptiques qui jalonnent les films d’action ces dernières années. Un autre bon point est l’absence d’effet bullet time limite également l’horreur visuelle, comme on a pu l’avoir dans 300.

(JPEG)

L’ensemble des acteurs jouent parfaitement leur rôle. Même Nicolas Cage dont les tics habituels sont mieux mis en valeur que dans Ghost Rider (son ton solennel en tant que Big Daddy prête toujours à rire, mais ici c’est fait exprès). Le vilain joué par Mark Strong est tout à fait crédible, tout comme Aaron Johnson qui montre bien qu’un masque peut changer un homme. Mais celle qui crève l’écran est Chloe Moretz qui campe une Hit Girl détonnante et complètement barrée. C’est assurément le grand plus du film, le coup de cœur du spectateur.

Malgré quelques moments un peu lents pendant les scènes de soap-opera et une violence exacerbée (évitez vraiment d’emmener les moins de 12 ans - et encore), ce film a eu droit à une réalisation appliquée, des acteurs dans le bon ton et bien menés et une bande-son judicieusement choisie (peut être pas pour la deuxième partie du générique de fin). Vaughn n’a pas à rougir et a réussi là où d’autres se sont complètement plantés avec bien plus de moyens. Sans vouloir lui enlever de mérite, il ne faut tout de même pas oublier qu’il a l’avantage de pouvoir coller à une bande dessinée qui n’a pas 40 ans de continuité et bien moins complexe qu’un V pour Vendetta ou un Watchmen. Car il est quand même évident que le propos est bien léger (légère évocation de la recherche de sensationnalisme des médias, mais sans réelle exploitation) et pas très moral. La loi du talion est légitime chez Millar et le manichéisme bien encré.

(JPEG)

Mais si le but est de nous faire passer un bon moment, tout en regardant tout ce sang avec une certaine distance, on peut dire que le pari est gagné et que Kick-Ass ne rejoindra pas le wagon déjà bien rempli des adaptations foireuses. Surtout que Vaughn fait du cinéma sans renfort d’effets spéciaux inutiles et c’est très agréable.

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