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lundi 11 juillet 2011
par Soyouz

Vidéo Noire


Albin Michel / L’Echo des Savanes

(JPEG) En hommage à Carlos Trillo qui nous quitta le 8 mai 2011, ce grenier revient sur une de ses bandes dessinées qu’il réalisa avec Eduardo Risso, initialement éditée chez Albin Michel en janvier 1999 que Dark Horse publia pour le marché américain en 2001.

Un détective privé est sauvagement assassiné par un groupe d’enfants, enragés par la dernière enquête qu’il menait sur Mademoiselle Dready, animatrice star de programmes pour la jeunesse et qui, à la vue de certaines photos, semble avoir des mœurs diaboliques. Choqué par le meurtre, son associé va reprendre le flambeau avec l’aide de l’énigmatique androgyne Buono.

L’auteur argentin nous propose ici un bien étrange polar, avec une évolution de l’intrigue loin d’être consensuelle. Ceux qui connaissent son travail au travers de Chicanos, de Fulù, de Cybersix ou encore de Point de rupture (pour rependre ses titres les plus connus) retrouveront des aspects qui caractérisent ses récits : déviances sexuelles à tendance sadomasochiste, défiance envers les représentants de la loi ... ainsi qu’une critique des médias, de l’influence que peut avoir la télévision sur la jeunesse. Il est difficile de ne pas voir en Mademoiselle Dready une Dorothée infernale, que les enfants suivent avec dévotion et servitude.

Un autre des caractéristiques des histoires de Trillo, c’est de nous fournir des personnages torturés, qui ont tendance à se mettre rapidement dans les ennuis, à cause des circonstances ou d’un intellect pas très développé. Ses héros ne sont ni beaux, ni même très intelligents. Cela renforce peut être l’empathie qu’on peut éventuellement ressentir et donne un impact encore plus fort à la fin de l’histoire, dont il ressort une forme de pessimisme tendant à penser que Trillo considère que nous sommes les marionnettes du pouvoir médiatique.

L’époque de cet album date des débuts d’Eduardo Risso sur 100 Bullets. De toute façon, pour ce que j’ai pu lire jusqu’à présent de ce dessinateur, j’ai rarement pu voir de grandes différences graphiques entre ses différents travaux (quand c’est de cette qualité, ce n’est pas très grave non plus), excepté sûrement en technique et en précision. On retrouve donc les caractéristiques habituelles de son trait et ses jeux de lumière (surtout que c’est en noir et blanc) mais ce qui est intéressant, c’est qu’il y a quelques mises en cases qui rappelle un peu l’une des particularités de Frank Miller, l’image dans l’image, souvent rectangulaire, comme un écran de télévision. Référence, hasard ou lien avec le titre ? Toujours est-il que si ce n’est sûrement pas le meilleur titre du duo, c’est suffisamment étrange et toujours d’actualité pour aller y jeter un coup d’œil !

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