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lundi 7 mai 2012
par Soyouz

Wolverine : Weapon X #11-15 : Demain meurt aujourd’hui


(JPEG) Le présent : un Deathlock différent de ceux déjà connus mais venant toujours du futur, tue un certain nombre de cibles précises, adultes, nouveau-nés, futurs parents, enfants... Présentes sur une liste.
Ailleurs, Logan écume les bars en compagnie de Steve Rogers pour fêter la renaissance de celui-ci. Quand les deux compères se quittèrent, une jeune inconnue, Miranda Bayer, interpelle le mutant : ses rêves prémonitoires l’informent des meurtres réalisés non pas par un, mais par des Deathlocks afin d’être sûr d’éliminer le Général, le chef d’une rébellion d’un monde futuriste entièrement contrôlé par la Roxxon qui a éliminé la grande majorité des héros grâce à ses cyborgs. Elle dit être aussi présente sur cette liste, tout comme Captain America.
Difficilement guidé par ses flashs, elle amène tout de même Wolverine sur les lieux du combat entre les machines et Bucky Barnes. La bataille devient générale avec l’arrivée des New Avengers.

Si cette première partie semble provisoirement gagnée, il faut protéger les cibles restantes et comprendre ce que sont ces nouveaux modèles. Mais, tout comme dans le lieu de protection des survivants, le rendez-vous chez le créateur des toutes premières versions d’essai (vu dans Dark Reign The List : Wolverine #01 vire au carnage. Mais étrangement, l’un des Deathlocks n’arrive pas à tuer Miranda, qui, grâce à ses visions (qui sont en fait des messages envoyés du futur par la rébellion qui lutte parallèlement pour détruire le centre de la Roxxon et empêcher les tueurs de voyager dans le passé) et pour tenter d’en finir après avoir vu une énième victime tomber sous les balles, se rend dans l’orphelinat où se trouve l’enfant qui deviendra le cyborg assassin et menace de le tuer. De manière inattendue, le programme de la Roxxon s’emballe et ne suit plus les directives, alors que la partie humaine du cyborg ne demande pourtant qu’à tuer. Il découvre qu’il ne veut plus « vivre » dans un monde sans émotion et aide les héros à finir le combat.

(JPEG) Mais dans le futur, le Général des Rebelles, qui n’est d’autre qu’une version vieillissante du Deathlock repenti et qui s’est retourné contre ses créateurs, décide que le destin suive son cours et que l’enfant qu’il était devienne l’assassin qu’il était destiné être ! La boucle reste donc bouclée !

Malgré un titre qui ressemble à celui d’un James Bond, dès les premières pages, on a vraiment l’impression que Jason Aaron a produit son Terminator (même s’il n’y a pas de Sarah Connor), en le rendant un peu moins stéréotypé pour ce qui est du sauveur. L’enfant destiné à être le Général sera avant un serial killer, puis un robot-tueur à la solde d’une multinationale. Cette prise du pouvoir par le capitalisme qui met en place une dictature fasciste n’est pas une idée neuve dans la création de futur (ce que Spidey dit d’ailleurs très bien), mais après les évènements réels de ces dernières années, et notamment quand on voit le monde politique (ou le monde tout court) mis à mal par les banques et les investisseurs, cette dystopie n’a pas la simple saveur d’un énième futur pessimiste du monde Marvel qui ne verra sûrement pas le jour, même si l’auteur dépasse les limites des paradoxes temporels (la mort d’un des enfants change « en direct » le futur) à se demander si tout cela n’est pas malléable à souhait.
La construction de récit qui fait des allers-retours entre le présent et deux époques du futur laisse à penser qu’il a fait le tour du sujet avec une conclusion qui n’est pas des plus positives (les héros ne savent même pas s’ils ont gagné). Il y a un retournement de la situation dans la relation homme-machine : l’humaine Miranda n’est finalement qu’un instrument du passé du Deathlock l’aidant à devenir plus humain. Et l’auteur rappelle que le programme n’est qu’un outil mis en place par l’Homme, dirigé par l’Homme et que c’est le cerveau humain du tueur qui se délecte de cette violence. La machine n’est qu’innocente et ce n’est que quand elle prend le pas sur sa programmation qu’elle change. Là encore, on n’est pas comme dans Terminator où les machines prennent le pouvoir et sont les causes du désastre.
(JPEG) Néanmoins, on peut se demander si Aaron ne reviendra pas sur cet arc par la suite. Il semble avoir une idée globale sur son travail sur Wolverine et à tendance à faire revenir ou utiliser assez facilement des aspects de ses récents travaux, comme les Deathlocks parus dans le DR The List : Wolverine, ou les griffes d’adamantium qu’utilisent les cyborgs, comme les agents de la Blackguard (de la Roxxon, évidemment). Alors pourquoi ne pas changer le futur !

Retour de Ron Garney au dessin, qui s’encre même lui-même. Son trait est un peu plus nerveux au fil des épisodes (manque de temps ?) et son travail pourrait paraître un peu moins abouti que sur Les Hommes d’adamantium. Néanmoins, les planches sont bien fournies, le story-telling impeccable et surtout ses personnages ont l’expression juste !

Avis : un arc qui sous des aspects classiques, contient quelques idées intéressantes et montre surtout une unité dans le travail de l’auteur.

Parution française dans X-Men Extra #84

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