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mardi 19 novembre 2002
par Stefff56

Qu’est-ce qu’un Comic-Book ?


Laissez moi vous conter l’origine de ce dossier pour le moins étonnant. Au bout de quelques semaines d’existence, un ami m’envoyait un mail style "sympa ton site mais je comprends rien à ce que vous racontez !". Et je me rendis compte de mon effroyable oubli. J’avoue qu’un néophyte complet arrivant par hasard ( ?) sur France-Comics n’y comprendrait pas grand chose.

Aussi, me suis-je dit, il serait bon de faire une rubrique dédié à ces néophytes, histoire qu’ils ne se sentent pas trop perdus. Loin de moi l’idée de vouloir résumer plus de 50 ans d’histoire. Mais les comics possèdent des "codes" qui leur sont propres et, une fois maîtrisés, la lecture s’en trouve à la fois facilitée et enrichie.

Cependant, autant vous l’avouer, rédiger un gros pavé expliquant par le détail les comics ne m’enthousiasmait pas. Aussi j’ai opté pour une série de questions-réponses sensées éclairer le lecteur débutant. C’est parti les amis, installez-vous tranquillement, tonton Stefff va vous expliquer quelques trucs sur la vie des super-héros. Et pour finir, sachez que ce dossier a servi a l’élaboration d’une exposition proposée par l’association France-Comics.

Dis-moi Tonton Stefff, c’est quoi un comics ?
Houla, t’attaque fort d’entrée de jeu, mon petit !

Alors faisons simple : aux Etats-Unis, on ne parle pas de bandes-dessinées mais de "comics". De même au Japon on parle de "mangas". Par extension, le terme "comics" désignent les bandes-dessinées d’origines américaines. En France, lorsque l’on parle de BD, on pense le plus souvent à la bande-dessinée franco-belge.
Ainsi, les comics désignent les BD américaines, alors que les "mangas" désignent les bd japonnaises

Et pourquoi ca s’appelle "Comics" ... C’est des histoires drôles ?
Celle-là c’est pas la première fois que je l’entends... ;o) Gasp !
En fait les comics sont apparus aux début siècle dans les quotidiens américains. Il s’agissait de bd courtes du style Hagard du Nord ou Lariflette par chez nous. Le plus souvent, le quotidien publiait des histoires de quelques cases. Il s’agissait souvent d’histoires drôles et on parlait à l’époque de "comic strip". Par la suite, les histoires parurent dans leurs propres magazines, et le genre se diversifia avec la popularité sans cesse croissante des "pulps" : aventure, polar, suspens, guerre, romance, horreur, satire, érotisme ... On fini par abréger par "Comics" tout court.

Et les super-héros ?
Ah. Alors qu’à la fin des années 30 les Etats-unis se remettent de la Grande Dépression, les comics se cherchent une identité. Mais durant l’été 1938 Jerry Siegel et Joe Shuster changent la donne en inventant le modèle du super-héros : Superman !
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L’éditeur, DC Comics, se frotte les mains : le succès est retentissant et ouvre la voie à une floppée de nouveaux héros, la plupart repompant sans honte le modèle originel.
Sauf que certains auteurs se creusent un peu les méninges pour sortir du lot. Un exemple : Bob Kane avec son Batman.

(JPEG) Prenant le contrepied de Superman (personnage tirant sa puissance de son physique), Kane invente un héros malin et rusé, puisant ses ressources plus dans son intelligence que dans ses muscles.

Et comme tout ceci ne suffisait pas, un an plus tard, un petit éditeur (Timely Comics) produit un nouveau magazine : Marvel Comics, dont les héros (la Torche humaine, le Prince des Mers ...) sont créés et scénarisés par deux hommes :
(JPEG) Stan Lee et Jack Kirby. La mode est lancée, et le genre n’est pas près de disparaître.

Alors il y aurait plusieurs éditeurs ?
Et oui ! Les 2 plus célèbres sont DC Comics et Marvel (Timely s’étend rapidement rebaptisé ainsi). Un troisième larron viendra, au début des années 90, titiller ces 2 grands : Image Comics. Bien sûr il existe aux States une multitudes de petits éditeurs qui forment un marché un peu underground. Pour en revenir à Image, l’anecdote est assez croustillante puisque cette maison d’édition fut fondé par des auteurs "rebels" de chez DC et Marvel. En privilégiant, à ses débuts, le dessin à l’histoire, cet éditeur a progressivement fait son trou, et joue maintenant son rôle dans le gotha du comics.

Et les grands super-héros sont édités par qui ?
Je ne vais citer ici que les plus connus : en gros, DC édite les aventures de Superman, Batman et Flash. Marvel détient les droits de Spiderman, des 4 fantastiques, des X-men, de Hulk, et des Vengeurs. Quant à Image, pour l’instant ses héros ne sont pas vraiment entrés dans la légende. Tout au plus peut-on parler du plus connu : Spawn.

Mais donc les comics, c’est vieux !
Ben oui, mon petit, c’est vieux. Certains héros ont derrière eux plus de 60 ans d’aventure. Ca force le respect ! Mais pour les néophytes, c’est parfois un vrai casse-tête pour prendre l’histoire en cours. Aussi, certains auteurs privilégient depuis quelques années les séries courtes avec un nombre de numéros prédéterminés (on parle de "série limitée"ou de "one-shot"). D’autres éditeurs organisent les séries en aventures indépendantes, chaque aventure s’étalant sur quelques numéros : dans ce cas, on parle de "story arc". Il est plus aisé pour les débutants de commencer à lire des comics. Enfin d’autres éditeurs n’hésitent pas à sortir une nouvelle série avec un héros existant déjà, mais où l’histoire est plus accessible (comme les séries "Ultimate" chez Marvel).

Et comment les auteurs font-ils pour tenir en haleine leurs lecteurs aussi longtemps ?
C’est tout le secret des auteurs de comics, petit scarabé !
Dans chaque série, les auteurs développent très souvent ce que l’on appelle des « intrigues secondaires » qui permettent de toujours relancer le suspens et l’intérêt. En fait on se rapproche beaucoup ici du principes des séries tv. Les comics sortent en général tous les mois. Aussi, les lecteurs sont souvent impatients de lire la suite des aventures de leurs héros favoris, meme si certaines séries ont plusieurs dizaines d’années d’existence. On ne s’étonnera donc pas des coups de théâtre qui surgissent régulièrement. Très souvent certains personnages disparaissent pour revenir quelques numéros ou années plus tard. Et puis un comics ne fait souvent "que" 24 pages. Ca prend quand même moins de temps qu’une bd européenne.

Et il n’y a que des histoires de super-héros ?
Non, pas du tout. Mais c’est le genre le plus répandu et le plus connu.

Et c’est quoi un super-héros ?
Le premier super-héros de comics a été Superman, et il a servi (et sert toujours) de modèle. Un super-héros est une personne qui s’est vu attribué des pouvoirs hors-normes et qui met ses talents au service des gens. Par opposition, on parlera de super-vilains pour les vils créatures qui s’acharnent à faire le mal autour d’elles. Pour que le lecteur puisse aisément identifier le super-héros, on lui attribut un costume.
Scénaristiquement parlant, la plupart du temps, le super-héros a une identité civile et vit son quotidien comme tout le monde. Sous sont identité secrète il lutte contre le mal. Cette situation est un vrai régal pour les scénaristes puisque cela leur permet de jouer avec cette identité secrète que le héros doit cacher. De plus puisque le héros a des amis, de la famille, bref une vie sociale, cela permet aux scénaristes de proposer des intrigues secondaires qui tiennent en haleine (vie sentimentale, problème d’argent, de boulot). Et cet identité civile rapproche encore plus le lecteur lambda du héros.
Certains héros préfèrent agir seuls (spiderman par exemple) alors que d’autres se regroupent en équipe (e.g. les X-men).
Bien sûr, depuis longtemps de nombreux scénaristes se sont affranchis de ces stéréotypes. On a vu apparaître ces 20 dernières années des héros plus sombres, plus violents (le punisher) ; des femmes fatales ou "bad girls" (Elektra) ; voire même carrément des séries consacrés exclusivement à des vilains. Bref si il existe un gros stéréotype du super-héros, il existe de nombreuses déclinaisons.
De plus, chaque super-héros possède souvent son ennemi attitré principal. Le Joker pour Batman par exemple. Ou bien le bouffon vert pour Spiderman. Une petite remarque : les vilains sont parfois aussi soignés que les héros. Comme si il ne pouvait y avoir de bon super-héros sans un bon super-vilain. C’est particulièrement flagrant sur la série Batman, om les vilains sont particulièrement déjantés et paradoxalement quasi-charismatiques.

Quels sont les thèmes abordés dans un comics ?
Oula ! il serait impossible d’en faire une liste exhaustive. Voyons voir un peu de tête ... Les séries X-men ...

Les séries ? Il y en a plusieurs ... ?
oui car ces héros ont la côte, alors tu comprends, marketting oblige ... on dédouble les séries pour en vendre un maximum !

Continue sur les thèmes ...
je disais donc les séries X-men condamne le rejet de l’autre et le racisme et prône la tolérance et le respect d’autrui. On pourra y voir une attaque contre le racisme et la mise à l’écart de certaines minorités (homosexuelles par exemple).
Dans Spiderman, c’est la notion de responsabilité qui est fréquement évoquée, d’ailleurs une des phrases "phare" de la série est "à grands pouvoirs, grandes responsabilités".
La série "Batman" évoque souvent la notion de justice et de vengeance ; Daredevil celles de la religion et de la foi en la justice ...
Comme on le voit, même si le comics se traine un image d’infantilité, il devient parfois une forme de reflexion sur notre société actuelle en y évoquant les travers et les défauts. Finalement c’est pas si bête que ca le comics !

Lorsque je regarde le nom des auteurs d’un comics, il y en a plein. J’y comprend rien, comment ca se fait ?
Effectivement, aux US, le comics est une industrie, et par conséquent chaque tâche se voit associé à un créateur de façon à faciliter le travail et la production.
Ainsi il y a le scénariste qui ... écrit les histoires (incroyable, non ?) parfois secondé par un dialoguiste, chargé d’écrire les paroles des personnages. Une fois cela fait, le dessinateur prend le relai et illustre l’histoire de son mieux. Généralement le scénariste reste en contact de façon à conseiller le dessinateur. Une fois les 24 pages crayonnées elles sont expédiées à l’encreur qui va se charger de rendre le dessin propre et net et d’enlever les coups de crayon inutiles. Le coloriste prend la suite des opérations et mets en place les couleurs par ordinateur sur les planches encrées. Enfin le lettreur se charge de remplir les bulles. Après il n’y a plus qu’à imprimer, acheter et lire ! ;-)

Et si je veux acheter un comics je vais où ?
En France les comics se trouvent essentiellement en kiosques. Deux editeurs se partagent le marché : Semic et Panini France. Ils proposent en fait des recueils composés d’une à 5 épisodes d’une ou plusieurs séries. En France, il existe un retard par rapport aux séries US dû aux délais de traduction et aux exigences des éditeurs américains. Nous avons de la chance de ce côté de l’océan puisque les recueils sont vraiment classieux par rapport aux publications américaines : papier glacé, couvertures cartonnées souples, petits articles et résumés. Du grand luxe ! Aux USA, les séries paraissent dans des facicules fragiles, au papier médiocre, et les histoires dont entrecoupées de publicités.

A lire également : l’exposition "Qu’est-ce qu’un Comic-book ?" proposé par l’association.

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